Cette statue en bois, grandeur nature, montée sur quatre roues, représentant le Christ chevauchant un âne sans bride, à la façon d’un empereur, est appelée Palmesel (ce qui en allemand signifie « âne des Rameaux ») date de la fin du XVe siècle. Il est conservé au musée national du moyen-âge à Paris. Très populaire, il permettait une célébration à la façon du théâtre des mystères. C’était, au moyen âge, un moyen d’évangéliser la population quasiment analphabète. Le plus ancien (datant de la fin du XIIe siècle) se trouve au musée national de Zurich.

 

 

L’âne, très présent dans la Bible, apparaît 144 fois dans l’A.T. et 7 fois dans le N.T. Monture modeste pouvant porter de lourdes charges, il était utilisé pour le travail. C’était également le compagnon de voyage des longs déplacements. L’évangile de demain, proclamé après la bénédiction des rameaux, nous rappelle l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Il reprend les paroles du prophète Zacharie annonçant la venue d’un messie pacifique monté sur un ânon : « Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un âne, un ânon, le petit d’une ânesse. » (Za 9, 9).

Dès le IVe siècle, à Jérusalem, une procession, descendant du Mont des Oliviers et se dirigeant vers la Vieille Ville pour entrer par la porte des Lions commémorait cet événement. Elle marquait le premier jour de la semaine sainte. Cette coutume n’apparut en Occident qu’à partir du IXe siècle. À l’origine, un homme assis sur un âne, parcourait les rues de la ville jusqu’à l’église. Plus tard, pour des raisons de commodité, on utilisa le Palmesel (largement utilisé dans l’Italie du Nord, l’Allemagne, la Silésie et l’Alsace). Le chariot était tiré par des représentants des guildes (personnes appartenant à une même corporation de métiers) ou des personnes plus modestes et parfois par des personnes bannies de la ville afin qu’elles puissent obtenir leur pardon en prenant part à l’effort. Il faisait son entrée dans la ville où il était accueilli par une foule en liesse qui répandait des rameaux sur son passage. Au fil des siècles, cette tradition, ayant perdu sa réelle signification pour revêtir un caractère purement folklorique, fut à partir du XVIIIe siècle, interdite dans certaines régions. Aujourd’hui, elle est tombée en désuétude. La commune belge de Hoegaarden est la seule à avoir conservé cette tradition. Toutefois le Christ des Rameaux ne circule plus sur des roulettes, il est placé sur un châssis et est porté sur les épaules.

Qu’en cette veille de la fête des Rameaux et de la Passion, la découverte de cet ancien rite nous invite à méditer ce petit extrait d’un texte du Cardinal Etchegaray :

« Qui est cet homme, monté sur un ânon, qui dévale les pentes du Mont des Oliviers vers Jérusalem ? Il ne proclame rien, il ne revendique rien, au milieu des « Hosanna » et des cris de triomphe. Simplement, il a pris sa place, sa place centrale, sa place royaleIl sait bien pourtant à quel point ce triomphe est provisoire et cette ferveur ambiguë. Lui qui a longtemps caché son vrai titre, il s’offre aux acclamations et au malentendu… Pour nous, quand nous allons les uns vers les autres, c’est au nom du besoin que nous avons d’eux ou du besoin qu’ils ont de nous. Mais lui vient au nom du Seigneur, par amour le plus pur et le plus gratuit. Il vient d’ailleurs, courant ce risque, plus grand que d’être inconnu, celui d’être méconnu ou pris pour ce qu’il n’est pas. Mais c’est bien le dessein de Dieu, d’être à la fois découvert et caché, si visible et si secret. La joie des rameaux n’est pas un leurre, mais une attente. La royauté de Jésus n’est pas un mirage, mais une promesse. La liesse du peuple jetant ses vêtements sur le chemin de Jésus nous laisse entrevoir par ce geste de dépouillement que le véritable homme des Rameaux est l’Ecce Homo (voici l’homme) du vendredi saint. »
 
J’avance comme un âne, Rameaux qui est cet homme, Cardinal Roger Etchegaray.

 

Georgette
Sources : Jover Manuel (La Croix 17-01-2009) – Wikipédia – Museel.be/sites 
Image :  Wikimédia – Licence Créative Commons – Auteur Marie-Lan Nguyen – 5-12-2012

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