Message du Mgr Eric de Moulins

Le mercredi 25 mars, les évêques de France proposent que les cloches des églises sonnent à 19h30 et que chacun dépose des bougies à ses fenêtres. Pour les catholiques, nous proposons également une méditation du chapelet en portant particulièrement les défunts, les malades, les personnels soignants mobilisés avec courage et générosité, et tous ceux qui traversent cette période avec difficulté. Durant le Carême, il est primordial de garder notre cœur largement ouvert.

 

 

Il faut d’abord prendre très au sérieux les consignes d’hygiène et de confinement maximum parce que nous sommes responsables les uns des autres. Vivre la charité, c’est comprendre que des gestes, même simples de ma part, contribuent au bien de tous.

Ensuite, gardons-nous de céder à la peur ou à la panique. Dans nos pays, nous pensions en avoir fini avec les épidémies. Mais, nous prenons conscience que nous appartenons à une même humanité, à la fois extrêmement forte et en même temps très fragile.

Évidemment, nous devons endiguer l’épidémie mais en gardant à l’esprit que des pays souffrent plus que nous, sont en guerre, connaissent la famine… Il est important que dans ce temps de confinement, nous ne nous repliions pas sur nous-même en cultivant nos angoisses mais que nous regardions toujours le vaste monde et que nous pensions à ceux qui sont dans une détresse plus grande.

Je voudrais inviter les chrétiens à prier fortement pour ceux qui vont être frappés par le deuil et qui vont le vivre de manière tronquée. Puisqu’on ne peut pas se serrer dans les bras, se prendre par les mains dans la douleur, faisons-le au moins spirituellement. Nous devons prier tout spécialement pour ceux qui vont mourir seuls ou presque, aux familles qui vont perdre certains des leurs sans pouvoir les accompagner à l’hôpital. Les obsèques connaissent aussi des mesures de restriction. Tout cela est très douloureux.

J’espère que cette crise sera pour nous l’occasion de nous interroger sur nos choix individuels collectifs depuis la Libération. Nous savons que nous devons accepter des changements drastiques de mode de vie, notamment sous la contrainte écologique : notre planète s’épuise, la pollution n’est plus supportable, les inégalités se creusent. Serons-nous capables d’en tirer les conséquences au niveau collectif ?

Georgette et l’équipe du Site Internet
Source : Arnaud Bevilacqua – La croix du 18-03-2020 – Photo PxHere – CCO domaine public

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