Télécharger le bulletin des paroisses n°20-07

« Un
carême, pour progresser vers la sobriété heureuse »
« La sobriété heureuse », prônée par le pape François dans son
encyclique Laudato si’ (n° 224, 225), est un style de vie plus à
l’écoute de la création, des autres et de Dieu. « La spiritualité
chrétienne propose une croissance par la sobriété, et
une capacité de jouir avec peu » (Laudato Si’, n° 222).
Cette sobriété heureuse n’est pas toujours bien reçue, car
la plupart de nos économistes sont incapables d’imaginer
un autre modèle de société. C’est le rôle des guides spirituels
justement de nous aider à construire un autre monde.
La sobriété heureuse et la simplicité volontaire ont déjà toute une histoire,
s’enracinant dans l’évangile de l’envoi des disciples en mission avec peu de
moyens (Mc 6, 7-13), dans le témoignage de Saints, dont Saint François
d’Assise, dans l’enseignement social de l’Eglise, mais aussi dans de nombreuses
philosophies contemporaines, comme celle de Pierre Rabhi. Elle peut se
décliner de différentes manières :
• C’est une façon de vivre qui cherche à être moins dépendante de l’argent
et de la vitesse, et moins gourmande des ressources de la planète.
• C’est la découverte qu’on peut vivre mieux avec moins.
• C’est un processus individualisé pour alléger sa vie de tout ce qui
l’encombre.
• C’est un recours plus grand à des moyens collectifs et communautaires
pour répondre à ses besoins et donc un effort pour le développement
d’une plus grande solidarité.
• C’est le choix de privilégier l’être plutôt que l’avoir, le « assez » plutôt que
le « plus », les relations humaines plutôt que les biens matériels, le partage
plutôt que l’accaparement, la communauté plutôt que l’individualisme.
• C’est la volonté d’une plus grande équité entre les individus et les peuples
dans le respect de la nature et de ses capacités pour les générations à venir.
• Ce style de vie tente de répondre à des problèmes de société de plus en plus
pressants (course folle de la vie moderne, endettement excessif, insatisfaction
malgré une consommation débridée, épuisement professionnel, gaspillage et
épuisement des ressources naturelles, désintégration du tissu social).
Le temps du carême, avec, comme l’indique l’évangile du mercredi des cendres,
l’aumône, la prière et le jeûne (Mt 6, 1-18), est l’occasion favorable de
la sobriété et de la joie ! C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de vivre
ensemble ce carême pour progresser vers la sobriété heureuse.
De nombreuses propositions vous sont faites pendant ces 40 jours. Elles figurent
en page 4 de cette feuille. Propositions de partages, de prière, de contemplation,
de réconciliation, d’échanges, et d’une retraite dans la ville qui nous permettra
de nous visiter les uns les autres, de grandir avec la Parole et de faire
l’expérience concrète de la sobriété heureuse.
Bonne entrée dans le carême !
Alexandre de BUCY

 

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