A Strasbourg, pendant les laudes, les prières des étudiants  exprimaient leur désir de témoigner de leur foi mais aussi de leur gêne à le faire tant ils se sentent minoritaires dans leurs écoles: « Accorde nous d’aller au-devant de nos frères », « Dis-nous comment parler de toi »Réunis pour la 32eme rencontre nationale des Chrétiens en grande école, ils étaient invités, au cours de week-end dernier, à réfléchir sur la place qu’ils doivent tenir, en tant que Chrétiens, dans une société où avoir la foi n’est pas facile. La veille, ils avaient participé à divers ateliers : « Y a-t-il un sens chrétien de la fête ? », « Comment parler de la beauté du mariage aujourd’hui ? » ou encore « Catholiques en France : un manque de mixité sociale ? »

Après ce temps de prière, six tables rondes étaient proposées. Sur les 750 participants au week-end, une bonne cinquantaine avaient choisi celle au titre évocateur : « Catho-ghetto, comment rendre notre foi populaire ? ». Les questions adressées aux quatre intervenants (dont l’archevêque de Strasbourg Mgr Luc Ravel et le philosophe catholique Martin Steffens) reflétaient une certaine inquiétude : « Beaucoup de gens autour de nous pensent que l’Église est en retard sur son temps. Comment dépasser notre peur de leur parler de Dieu alors que l’Eglise paraît si exigeante ? ». D’autres questionnaient : « Comment rester sereins face à une déchristianisation jugée « préoccupante ? ». Les étudiants ont également fait part de leur préoccupation face à un monde très centré sur la réussite matérielle entraînant chez eux une « préoccupation constante de « gagner notre vie plus tard ». « Il faut faire attention à ne pas en oublier sa foi, mais être dans le monde n’est pas mauvais pour autant ». ont-ils affirmé.

Malgré ces difficultés, leur désir d’en témoigner reste pour eux une priorité. C’est le cas d’un étudiant en communication, : « Même si je suis le premier à aller en soirée, à boire et à draguer il est cependant rare que je ne parle pas de ma foi… et précise-t-il, je cherche à être cohérent dans ma vie en évitant le pas de trop : « trop d’alcool, trop de sexe… cela intrigue, mais tout le monde cherche Dieu » . Il n’hésite donc pas à partager des vidéos du Chemin-Neuf sur Instagram. Un autre, revenant de cinq mois d’évangélisation à Aubervilliers est convaincu que c’est par le service qu’il pourra avoir de l’influence : « Ce qui marque le plus les gens, c’est de rencontrer une personne qui s’est mise au service » et il conclut : « l’évangélisation ne passe pas par l’affirmation de certitudes », elle se fait en tendant l’oreille et il conclut : « Ce besoin d’écoute existe aussi dans la vie étudiante. J’essaierai de rester disponible ».

Et nous, alors que le Christ nous dit : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-14) avons-nous la certitude que, par notre baptême, nous sommes sel et lumière dans notre monde.

Avons-nous conscience que nous sommes appelés à garder intacte le message évangélique et qu’Evangéliser revient à dire le « Royaume de Dieu » est dans tout geste et dans toute parole d’amour. Nous sommes appelés à la visibilité, à « éclairer » le monde par des valeurs d’humilité, de douceur et de justice.

Georgette

Source : La croix  – Image : affiche Jeunes et vocations  (conférence des évêques de France)

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