Une fête d’origine païenne et latine, les lupercales, célébrant le Dieu Faunus pour appeler la fécondité, la prospérité, a été renommée Chandeleur au Veme siècle par le pape Gélase 1er. Elle porte maintenant le nom de fête de la Présentation de Jésus au Temple. Elle « honore » le Christ appelé Lumière du monde et termine le temps de Noël. En 1997, le Pape Jean-Paul II a institué, ce même jour, la « Journée de la vie consacrée ». Ces deux fêtes mettent l’accent sur le sens de l’offrande que fait de sa vie toute personne se donnant totalement à Dieu pour répondre à son appel.

 Les enfants mâles étaient circoncis, 8 jours après leur naissance, au cours d’une cérémonie familiale faite à domicile. Quant à l’évangile de Luc, il relate la présentation au Temple. Selon la tradition juive, le premier enfant de sexe masculin devait être consacré à Dieu : « Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur » (Lc 2, 22-23).

Une autre loi déclarait toute femme israélite impure après une naissance. Pour sa purification, Marie a apporté l’offrande réservée aux pauvres : « Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de touterelles ou deux petites colombes » (Lc 2, 24). L’accomplissement de ces deux rituels témoignent que Jésus est véritablement fils d’Israël.  Le récit de Luc a pour but de montrer qu’Il est bien le messie attendu par le peuple. La présence et la reconnaissance de deux prophètes, d’une part le vieillard Syméon : « … Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus…, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » (Lc  2, 26-32) et d’autre part celle de la vieille veuve Anne : « elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem » (Lc 2, 38), attestent que ce petit enfant, qui vient d’être consacré, est bien celui qui délivrera Israël. La rédemption que Dieu préparait pour « réparer » le péché originel qui est celui de la convoitise est arrivé !

Chaque soir, les paroles de Syméon sont reprises au moment des complies (la dernière prière de la journée chantée peu après le coucher du soleil, juste avant d’aller dormir) dans le cantique qui est introduit par ces mots : « Sauve-nous, Seigneur, quand nous veillons ; garde-nous Seigneur quand nous dormons ; et nous veillerons avec le Christ et nous reposerons en paix ». 

Le terme de Chandeleur vient du latin « festa candelarum » ou « fête des chandelles ». Les cierges, dans les églises, remplaçaient les torches. Symbole de la lumière, de la pureté et servant à éloigner le mal, ils étaient bénis pendant la messe et étaient ramenés dans les foyers. Cette tradition connaît un regain d’intérêt ; les fidèles après une bénédiction les portent allumés pour la procession d’entrée dans l’église ; c’est une manière de se souvenir des paroles de St Matthieu : « Vous êtes la lumière du monde … que votre lumière brille devant les hommes » (Mt 5, 14 et 16).

Une autre coutume voulait que les paysans parcourent les champs en portant des flambeaux pour purifier la terre avant les semailles. Il  était également d’usage que l’on fasse des crêpes avec la farine de l’année précédente. Leur forme ronde et leur couleur dorée rappelaient le soleil. Les ténèbres de l’hiver, diminuant chaque jour un peu plus, elles symbolisaient la lumière du printemps annonçant le retour de jours meilleurs.

En ce jour de la fête de la présentation de Jésus au Temple, prions pour ceux et celles qui consacrent leur vie à Dieu et pour que l’Esprit Saint nous donne la force d’être des vrais témoins de la lumière. C’est ce que St Paul demandait aux Chrétiens d’Ephèse : « Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière, conduisez-vous comme des enfants de lumière – Or la lumière a pour fruit tout ce qui est bonté, justice et vérité – » (Ep 5, 8-9)

Georgette

Source : La Croix – Croire et Missel des dimanches, la nouvelle traduction liturgique.
Image : Présentation de Jésus au Temple de Giovanni Bellini (1430-1515) Wikimédia Commons – Domaine public.

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