Le cycle dit « ordinaire » a repris. Cet adjectif peut faire penser à quelque chose d’habituel, de banal, quelconque… Ici, il est employé pour désigner, tout au long de l’année liturgique, les périodes autres que les deux temps forts célébrés par l’Eglise ; d’une part l’Avent et le temps de Noël, d’autre part le Carême, le dimanche des Rameaux, la fête de Pâques et le temps pascal jusqu’à la Pentecôte. La première période va du lundi suivant la fête du baptême de Jésus jusqu’au mercredi des Cendres (non compris). La seconde période s’étend de la Pentecôte au premier dimanche de l’Avent (non compris) qui ouvre une nouvelle année liturgique.

Or la liturgie n’est jamais ordinaire. Elle permet aux fidèles de vivre tout le mystère du salut accompli par le Christ. Pendant ce « temps », lorsqu’on ne commémore pas un fait précis de la vie du Christ, de la Vierge Marie ou d’un saint, c’est le dimanche lui-même « Pâque hebdomadaire » qui est valorisé. Sa couleur liturgique est le vert. Cette teinte nous rappelle le renouveau de la nature au printemps.  C’est cette tonalité apaisante, invitant à la méditation, au renouvellement, qui accompagne les célébrations dominicales pour les rendre priantes, pacifiantes.

Il permet aux fidèles de progresser dans leur connaissance et leur compréhension des grands textes bibliques. En effet, à l’inverse des temps forts de l’année où les textes sont choisies de façon thématique, les lectures (Épîtres et Évangile) de l’année en cours, selon un parcours conçu sur trois années A, B et C, sont faites en continue.

L’année A, consacrée à l’évangile de Saint Matthieu, nous permettra de comprendre que, dès l’Ancien Testament, la réalisation par Jésus d’un monde nouveau, ouvert à tous, était déjà en germe suite à sa mort et sa résurrection.

Pour chaque dimanche de l’année, trois lectures sont prévues : la première est extraite de l’Ancien Testament, la seconde est un passage d’une lettre apostolique (principalement de Paul), la troisième est l’Evangile du dimanche qui donne la tonalité à la liturgie du jour. Il y a toujours un lien entre le texte de l’Evangile et le passage de l’Ancien Testament (1ere lecture). Si les Évangiles, et de manière générale le Nouveau Testament, ont toujours eu une place de choix dans la liturgie, c’est la réforme liturgique suivant le concile Vatican II qui a remis en valeur de larges passages de l’Ancien Testament. Ces lectures mettent en évidence le lien spirituel ou théologique entre les deux textes. La première met particulièrement en relief l’histoire de l’Alliance de Dieu avec son peuple. L’évangile, quant à lui, nous révéle que c’est bien en Jésus-Christ qu’Elle s’est définitivement réalisée. En semaine, ce sont les quatres Evangiles qui sont lus ainsi que des passages importants d’autres livres .

Que ce « temps ordinaire », qui vient de s’ouvrir, nous permette d’apprendre à regarder avec joie et confiance ce qui fait le quotidien de nos vies : le travail, le repos, nos réussites, nos rencontres amicales mais aussi nos échecs, nos emportements … La succession de ces dimanches est l’image de notre cheminement intérieur. Nous y puisons notre force dans la Parole de Dieu, dans la prière commune avec l’Eglise, dans l’union au Christ par les sacrements. Ne l’oublions pas, même dans ce qui peut nous sembler banal, moins festif, le Seigneur marche à nos côtés et nous redit l’extraordinaire de son amour allant jusqu’à son sacrifice sur la Croix !

Georgette

Sources : Missel des dimanches (Nouvelle traduction liturgique) – Croire La Croix.
Image : pixabay licence – Libre pour usage commercial.

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