Le Verbe s’est fait chair en naissant dans une famille humaine. Par le mystère de l’incarnation, Il a voulu assumer et sanctifier celui de la famille qui est appelée à être un espace d’amour et de liberté, de communion et d’expérience de Dieu. C’est ce que nous rappelle la prière d’ouverture de la messe de ce jour : « Tu as voulu, Seigneur, que la Sainte Famille nous soit donné en exemple ; accorde-nous la grâce de pratiquer, comme elle, les vertus familiales et d’être unis par les liens de ton amour… ».

 

La 1ère lecture et l’évangile de ce jour font référence à la relation d’amour et de respect entre parents et enfants. A une époque où la famille immergée dans une société toujours plus individualiste et dont les vraies valeurs sont mises à mal, ces deux textes nous rappellent qu’il est indispensable d’y pratiquer les vertus familiales faites d’attention à l’autre, de dialogue, d’écoute, de disponibilité, de tolérance …

 

La première lecture (Si 3, 2-6 et 12-14) est extraite du livre de l’ecclésiaste, nommé ainsi car souvent employé dans les assemblées liturgiques (en grec « ekkclèsiai ») des premiers siècles de l’Eglise. La référence à son auteur Jésus Ben Sira, a donné l’autre nom employé pour cet ouvrage : Sagesse de Ben Sira ou Siracide. En ce dimanche de la Sainte famille, c’est un commentaire du 4ème commandement : « Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu »(Ex 20, 12) qui est lu. Pour Ben Sira, amour et respect envers les parents sont étroitement liés aux vertus fondamentales de la Sagesse qui, selon lui, est un don de Dieu nécessitant toutefois un travail sur soi-même. Le verbe « honorer », cité deux fois, indique l’amour, la bienveillance, l’aide concrète et la considération envers ceux qui donnent la vie. A la racine de ce commandement se trouve le concept des parents premiers transmetteurs des plus grandes valeurs de l’humanité et de la religiosité Juive. Leur exemple et leurs conseils sont un signe vivant de l’Amour et de la Vie de Dieu dans le monde.  Et il faut en rendre grâce ! Quand les parents vieillissent, il convient de les aider, de les entourer d’affection filiale. Aimer ses parents jusqu’au crépuscule de leur Vie, c’est révérer Dieu lui-même.

 

Le dimanche 30 décembre 2012, Benoît XVI avait fait une petite homélie sur la Sainte Famille. Elle éclairait le dernier chapitre de son livre « l’Enfance de Jésus » qui concerne l’épisode de Jésus au temple de Jérusalem à l’âge de douze ans ((Lc 2, 41-52). Ce passage se termine par ces trois phrases : « Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes »(Lc 2, 51-52). Dans cet enseignement, Benoït XVI nous exhortait à imiter la Sainte Famille de Nazareth : « … que les parents se préoccupent sérieusement de la croissance et de l’éducation de leurs enfants, afin qu’ils mûrissent comme des hommes responsables et d’honnêtes citoyens, sans jamais oublier que la foi est un don précieux qu’il faut alimenter chez ses propres enfants, également à travers l’exemple personnel… Je souhaite à toutes les familles chrétiennes de vivre en présence de Dieu avec le même amour et la même joie que la famille de Jésus ». En conclusion, il rappelait que : « … Le fils de Dieu a voulu naître dans une famille, lui donnant ainsi sa noble signification et sa place irremplaçable pour la personne et pour la société. La famille est le berceau naturel de l’enfant. Elle est le terreau premier et indispensable où s’enracinent et se construisent la personne et les liens humains ». Dans son exhortation apostolique Amoris Laetitia (La joie de l’Amour) le pape François consacre le 3eme chapitre à la vocation de la famille selon l’Evangile et à la manière dont elle a été reçue par l’Eglise à travers les époques. Il y est rappelé que : « …C’est dans la famille, que l’on pourrait appeler Eglise domestique … que l’on apprend l’endurance et la joie du travail, l’amour fraternel, le pardon généreux, même réitéré, et surtout le culte divin par la prière et l’offrande de sa vie »(Catéchisme de l’Eglise Catholique n° 1657). L’Eglise est une famille des familles, constamment enrichie par la vie de toutes les églises domestiqueschaque famille participe à la vie de l’Eglise. L’Amour vécu en son sein est une force pour toute la communauté. Les deux expressions employées sont complémentaires. Elles illustrent l’enrichissement mutuel de l’Eglise par les familles et des familles par l’Eglise.

 

En ce dimanche de la Sainte Famille, que chaque famille, en se convertissant en petite « église domestique », devienne un lieu où les enfants, éduqués dans la foi et dans les grandes valeurs de la solidarité humaine, croissent en « sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes (Lc 2, 52) », à l’image de l’adolescent Jésus de Nazareth.

Georgette

Sources : La Sainte Famille (Sagrada Familia) – L’enfance de Jésus (Joseph Ratzinger – Benoït XVI) – Amoris Laetita ( Exhortation aspotolique – Pape François).

Image : Tableau La découverte du Sauveur dans le temple de Jérusalem (1860) par William Holman Hunt (1827-1910) – Wikimédia Commons – libre de droit.

 

 

 

 

 

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