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LAUDATO SI’

Samedi soir dernier, nous avons pu assister à la mise en scène théâtrale des Fioretti de St François d’Assise. Ces « petites fleurs » sont de courts épisodes qui mêlent les miracles de St François aux aventures édifiantes mais aussi pleines d’humour de sa vie. Le metteur en scène Francesco Agnello, ainsi que l’acteur ont su particulièrement bien les mettre en relief.

L’une d’entre elles, sans doute la plus connue, était l’épisode du « loup de Gubbio », ce loup errant et affamé qui terrorisait la population. En allant à sa rencontre, St François lui demande d’être plus sage et l’assure que les villageois lui donneraient à manger s’il promet de ne plus s’attaquer à eux. Le loup obtempéra et d’ennemi devint l’ami des hommes.

Cet épisode illustre bien la première lecture du livre d’Isaïe que nous lisons ce dimanche et qui présente l’image d’une création harmonieuse et d’une humanité totalement réconciliée avec elle. « Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira » (Is 11,1-10).

Durant le temps de l’Avent, nous nous préparons à accueillir ce petit enfant, Jésus, venu réconcilier les hommes avec Dieu mais venu aussi sauver l’unité originelle blessée par le péché entre l’homme et la création.

Cette réconciliation avec le loup est l’image de la réconciliation avec la création. En effet, l’homme a, à l’origine, pour mission de prendre soin de la création qui lui est confiée, mais le péché l’entraîne à en être son dominateur. C’est ce que souligne le pape François dans son Encyclique sur l’écologie Laudato si’ : « La Création crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l’exploiter. La violence qu’il y a dans le cœur humain blessé par le péché se manifeste aussi à travers les symptômes de maladie que nous observons dans le sol, dans l’eau, dans l’air et dans les êtres vivants. » (Laudato si’ 2)

Tous nous avons notre responsabilité devant les dégâts causés par la pollution, la surconsommation… Le pape n’hésite pas à parler d’un « péché écologique » et nous invite à rendre compte de l’impact de nos actions sur l’environnement.

Choisir sa source d’énergie, renoncer à un déplacement en raison de son coût en carbone, vérifier les produits chimiques utilisés pour fabriquer tel produit ou se renseigner sur les conditions sociales des ouvriers, s’inquiéter de la distance parcourue par tout objet que l’on achète ou que l’on commande, comment trouvons-nous le temps nécessaire pour une telle attention ? A quelles conversions le Seigneur m’invite-t-il aujourd’hui ?

P. Jean Delvolvé

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