Samedi à St Joseph d’Enghien et dimanche à St Gratien a eu lieu la messe de rentrée pour tous, l’accueil des nouveaux arrivants et, pour la première fois dans notre groupement paroissial, une bénédiction des animaux. Une occasion de nous interroger sur le sens qu’il faut lui donner. La racine latine de bénédiction, bene dicere signifie « dire du bien ». Elle fait connaître la bonté de Dieu qui se manifeste dès le récit de la Genèse : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon » (Gn 1, 31).

 

Peut être béni tout ce qui ne contredit pas Dieu.  Dans son encyclique, le pape François nous le rappelle : [« nous sommes appelés à reconnaître que les autres êtres vivants ont une valeur propre devant Dieu et , « par leur simple existence ils le bénissent et lui rendent gloire », puisque « le Seigneur se réjouit en ses œuvres» (Ps 104, 31).] (Laudato Si 69). Le catéchisme de l’Eglise Catholique, quant à lui, souligne que « Les différentes créatures, voulues en leur être propre, reflètent, chacune à sa façon,un rayon de la sagesse et de la bonté infinie de Dieu. » (§ 39).

 

C’est en compagnie de leur animal de compagnie que de nombreuses personnes ont répondu à l’invitation faite. La célébration a commencé par un chant (que tes œuvres sont belles à St Gratien). Il a été suivi par la lecture d’un  passage du livre de la Genèse: « Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena vers l’homme pour voir quels noms il leur donnerait. C’étaient des êtres vivants, et l’homme donna un nom à chacun… » ( Gn 2, 19-20). Une homélie a donné le sens de la bénédiction. Après quelques intentions de prière pour rendre gloire à Dieu, entrecoupées du refrain merveilles, merveilles que fit pour nous le seigneur, le célébrant a prononcé celle de la bénédiction : « Dieu, créateur et donateur de tout bien, tu as donné les animaux à l’homme pour subvenir à ses besoins, le soulager dans ses travaux et l’accompagner dans sa vie terrestre ; par l’intermédiaire de Saint François, nous te supplions : apprends-nous à respecter toutes tes créatures et à faire servir pour notre bien ces êtres vivants qui contribuent à notre vie humaine. ».Après avoir aspergé d’eau bénite les personnes présentes et les animaux, il a conclu par ces mots : «  Que Dieu, notre créateur et notre Père, par la grâce de sa bénédiction, nous protège et nous garde. Amen ».Après le dernier chant , Il est bon de chanter, de louer Notre Seigneur, les participants ont été invités à échanger, autour d’un buffet bien garni. Tous étaient heureux et ont beaucoup apprécié d’avoir participé à ce moment exceptionnel.

 

La bénédiction des animaux est une coutume ancienne qui remonterait à Saint Antoine le Grand, appelé encore St Antoine d’Egypte, St Antoine du désert ou St Antoine Abbé. Né en Haute Egypte vers 225 après Jésus-Christ, il a vu le jour dans une riche famille d’agriculteur. Après avoir hérité de la fortune familiale à 18 ans, il quitte tout à 20 ans pour suivre les préceptes du Christ et devient ermite dans le désert. Considéré comme le père des moines, il est aussi le Saint Patron des animaux de ferme et des animaux domestiques. Il est souvent représenté avec un chien ou un cochon à ses pieds.

 

En France, cette bénédiction était tombée en désuétude. Elle connaît actuellement un regain d’intérêt au moment de la fête de St François d’Assise.  En Espagne et en Italie, elle est toujours restée très populaire. A Rome, l’église des Saints Antoine et Eusèbe, près de la basilique de Ste Marie-Majeure, connaît le 17 Janvier ( jour de la fête de St Antoine le grand) ou le dimanche qui en est le plus proche, une affluence particulière. En 2006, l’agence d’information internationale Zenit, au service du St Siège, en rendait compte en ces termes : « L’église était envahie par la foule des grandes fêtes …». Elle souligne que l’Eglise de Rome n’a pas renoncé à cette tradition antique qui est aussi dans l’esprit de St François d’Assise, patron de l’Italie.C’est pour elle, un moyen d’évangéliser. Comme le précisait le Père Edouard dans l’édito du Trait d’Union, en date du 29 Septembre dernier : «  Les animaux nous aideront à tisser des liens plus humains, à faire connaître notre paroisse et ses activités, à rapprocher de Dieu ceux qui pourraient en être plus éloignés ».*

           

                 

                                       

Enghien

 

                   

           

                         

 

              

Saint Gratien

Georgette

Sources : Aleteia – * Croire la Croix.

Photos : Delphine D. – Jean-Pierre P. et Ky Van D.

 

 

 

 

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