En ce jour, pour bien faire la distinction entre l’Ascension et l’Assomption, il convient d’étudier l’éthymologie de ces deux mots.

Ascension : vient de ascendere « monter ». Cette fête marque l’accomplissement du mystère d’amour qu’est la Pâque du Christ qui, par l’abaissement de sa mort sur une croix et par sa résurrection, nous a libérés du mal et de la mort que le péché entraîne. Il nous a ainsi permis d’être élevés à la gloire Divine. L’Ascension, après la période de quarante jours qui a suivi Pâques et au cours de laquelle Jésus a rencontré plusieurs fois ses  disciples pour leur apporter les « preuves » de sa résurrection : « … ll leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu » (Ac 1, 3) , marque l’achèvement du temps de la rencontre. Après les avoir bénit, Il rejoint Dieu, son Père, de ses « propres forces ». Dorénavant, Il demeurera invisible à leurs yeux, Sa présence sera désormais intérieure. Jésus ne les abandonne pas et leur promet la venue de l’Esprit Saint. Le mystère de l’Ascension, c’est ce don etcette capacité, donnés à chacun d’entre nous, d’avoir le désir de grandir et de faire grandir les autres et l’humanité jusqu’à la perfection (Mgr Dubost).

Assomption : du latin assumere « enlever » désigne la montée au ciel de Marie. C’est en 1950 que l’Eglise en a proclamé le dogme. Par cette fête, elle célèbre Son introduction dans la gloire de Dieu, corps et âme, sans attendre la résurrection finale puisque le jour de l’annonciation, par une grâce spéciale, le Verbe s’est incarné dans ce corps façonné par Dieu et qui était tout imprégné de Sa vie et du rayonnement caché de Sa divinité (Jean Vanier). Par son oui, Marie a permis à l’humanité d’être définitivement réconciliée avec Lui. Par ce « fiat », elle est devenue, non seulement la Mère du Sauveur, mais également, au pied de la croix, la Mère de cette Eglise voulue depuis toujours. Sa présence maternelle contribue à La rendre féconde grâce à l’exemple de prière, de foi et le sens du service qu’Elle nous a transmis. Marie est unie pour l’éternité, à son fils, victorieux à la fois du péché et de la mort. Elle est « la première en chemin », celle qui nous conduit sur nos routes humaines et nous aide à faire grandir l’Eglise, corps de son fils. Comme le dit l’un des couplets du chant Vierge Sainte, Dieu t’a choisie : « Tu nous mènes auprès de ton Fils qui nous parle de l’Amour et nous apprend ce qu’est le pardon : pleine de grâce, nous t’écoutons ! ». En ce jour de fête, rappelons nous que dans la Gloire, Son corps est à jamais lumière et qu’en lui, Dieu est pleinement présent.

A partir de l’exhortation apostolique « Marialis cultus » publiée par Paul VI le 02 février 1974, nous pouvons nous interroger sur la place que Marie occupe dans le culte de l’Eglise et la vie des croyants. Notre dévotion envers Elle ne doit pas s’apparenter à une sorte d’idolâtrie, il faut qu’elle s’enracine dans les Ecritures Saintes et s’harmonise avec la liturgie, en évitant tout amalgame ; Elle n’est pas Dieu ! La connaissance de la véritable doctrine catholique sur Marie est une clé pour la compréhension du mystère du Christ et de l’Eglise. Le titre de « Mère de Dieu » (Théotokos en grec – Deipara en latin), lui a été donné, avant le concile d’Ephèse en 431. Elle est le modèle parfait de la confiance et malgré son titre, elle occupe la première place parmi les humbles et les pauvres qui demeurent inébranlable dans l’espérance. **

Dans le discours qu’il a prononcé lors de la clôture de la 3eme session du concile Vatican II, le pape Paul VI a proclamé Marie « Mère de l’Eglise ». Lorsque nous La prions, n’oublions pas de Lui demander d’intercéder auprès de son Fils. Comme le soulignait le Père Dunoyer dans un ouvrage datant de 1918, ses demandes parviennent à toucher le cœur du Christ. A Cana, Il ne devait pas faire de miracle : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue ».(Jn 2, 4), mais devant son opiniatreté « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » (Jn 2, 5), Il changea l’eau en vin. Avec confiance, demandons donc à Marie d’intervenir afin que se réalise l’union de tous les Chrétiens en un seul Peuple.

Dans sa lettre aux femmes (1995) Saint Jean Paul II a développé la réflexion de Paul VI sur Marie comme Vierge, épouse et Mère, précisant que l’Eglise voit en elle la plus haute expression du « génie féminin ». Tout en se définissant elle-même comme « Servante du Seigneur » [Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout advienne selon ta parole »(Lc 1, 38)] elle a accueilli avec confiance sa vocation (nullement privilégiée et peu facile) d’épouse et de mère de famille. Par son « Fiat » et en acceptant cette lourde tâche, elle s’est mise au service des Hommes, acquérant ainsi son authentique « Royauté ». **

En 2000, Monseigneur d’Ornellas, archevêque de Rennes, a précisé que le Christ est l’unique sauveur, l’unique médiateur et que Lui seul donne accès au Père par la puissance de l’Esprit. Cependant, la coopération de Marie à l’œuvre de la rédemption est unique et irremplacable puisque toute maternelle. Avec audace et courage, elle a accepté sa maternité et a collaboré, en étroite union avec son Fils, au salut de l’humanité.

La prière à Marie est un acte d’abandon et d’espérance qui nous apprend à regarder et aimer le Christ à Sa manière. C’est également un acte d’ouverture à Dieu. Demandons à l’humble servante du Seigneur de nous apprendre à nous laisser conduire par l’Esprit, afin que notre foi demeure ferme et inébranlable même dans les épreuves, et soit constamment animée par la charité. En cette fête de l’Assomption qu’Elle guide nos pas sur le chemin de l’amour et de la paix. ***

Georgette

Sources : * Eglise Catholique de France – ** Exhortation apostolique Marialis cultus – *** Journal la Croix-Croire

 

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