En ce dimanche de la fête du Saint-Sacrement, il est nécessaire de nous interroger sur son sens. Elle a lieu le 2ème dimanche après la Pentecôte. Elle commémore la présence de Jésus Christ qui se donne à nous dans le sacrement de l’Eucharistie.

 La réserve Eucharistique était, en premier lieu, destinée aux malades et aux mourants. Peu à peu, l’adoration est devenue l’acte par lequel les fidèles vénèrent le Christ réellement présent dans l’hostie consacrée au cours de la messe, qu’elle soit déposée dans un tabernacle ou exposée dans un ostensoir. Cette présence n’est pas symbolique, elle est active et réelle. La contemplation et la prière devant le Saint Sacrement ne remplacent pas l’Eucharistie ; elles en sont le prolongement.

Cette adoration tient son origine du Haut Moyen Âge. A cette époque, les fidèles ne communiaient que très rarement. On avait donc pris l’habitude d’exposer l’hostie consacrée à leur vénération. A l’issue de cette exposition ils étaient bénis (le salut du Saint-Sacrement). Le jour de la fête Dieu, on promenait l’Ostensoir dans lequel était placée une hostie dans les rues des villages ou des villes. Les fidèles accompagnaient cette procession. Souvent, des pétales de fleurs étaient lancés sur le passage du cortège.

 

Procession du St Sacrement à St Gratien devant l’ancienne école Jules Ferry (source A.S.G.V.O.)

Au 20ème siècle, le concile Vatican II a mis l’accent sur une conception différente de l’Eucharistie. En insistant davantage sur le mémorial, le repas et le sacrifice du Christ, il a désiré mettre en avant la notion que Jésus n’est pas « prisonnier du tabernacle » mais qu’il est aussi très présent dans la Parole (les écritures) et à l’intérieur de chacun de nous. Ce retour à l’essentiel de la célébration eucharistique a, peu à peu, occulté ce rite de l’exposition du St Sacrement aux regards des fidèles.

Depuis quelques années les processions de la fête du St Sacrement connaissent un regain d’intérêt. Il en est de même pour une adoration hebdomadaire dans les églises. Cette forme de piété nourrit spirituellement de nombreux fidèles. Il faut rappeler que le père de Foucauld a beaucoup prié auprès du tabernacle. Les Petits Frères et Petites Sœurs de Jésus ont gardé cette habitude et leurs oratoires sont des lieux d’intense prière. Toutefois, il serait dommage que cette adoration devienne un but en soi. Elle ne doit pas remplacée notre présence à la célébration eucharistique qui demeure le point culminant de la vie de l’Eglise ; elle n’en est que le prolongement.

L’adoration du St Sacrement doit être, avant tout, un cœur à cœur avec Jésus qui désire que nous lui parlions afin qu’il puisse nous répondre. Ce dialogue personnel se déroule dans un silence favorisant la prière et facilitant cette intériorité qui permet de mieux être à l’écoute du Christ pour une authentique rencontre avec Lui.

Georgette

Sources : Extraits de texte du Père Florian Racine, missionnaire de la Sainte Eucharistie et Hors série le Pèlerin : 50 clés pour comprendre la prière.

 

 

 

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