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Pour ce 5ème dimanche après Pâques, la liturgie a sélectionné six versets du psaume 144 (145) qui en comporte vingt et un (autant que les lettres de l’alphabet hébreu) et dont chaque verset commence par l’une d’elles. C’est un psaume d’action de grâce pour l’Alliance ; une manière de dire à Dieu « Que toute ma vie (de Alpeh à Tav) devienne remerciement pour Ta tendresse ». Tous les jours, à l’aube, les Juifs pratiquant le récitent puisque chaque jour nouveau évoque : celui du monde à venir, celui de la création renouvelée, celui du jugement dernier.

Pour nous, Chrétiens, chanter ce psaume est aussi notre manière de dire :

« En Jésus-Christ, qui a vécu la Passion, est mort et en a triomphé par sa Résurrection, nous découvrons la présence aimante du Père et nous l’en remercions ». Deux questions se posent alors à nous : Comment en rendre grâce ? Comment témoigner de Son immense Amour et de l’éclat de Son règne ? Les exhortations Apostolique « Evangelii Gaudium » (La joie de l’Evangile) et Amoris Laetitia (La joie de l’Amour) répondent à cette interrogation. Nous sommes appelés à témoigner de notre joie. Cette joie si souvent évoquée dans l’Ancien Testament : « Oui le Seigneur console Sion… On y retrouvera l’allégresse et la joie, l’action de grâce et le son de la musique » (Is 51, 3) – «  Rends moi la joie d’être sauvé … » (Ps 50 (51), 14) et bien d’autres encore ! Jésus et ses disciples l’évoquent eux aussi : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite » (Jn 18, 11) – « … Votre cœur se réjouira et votre joie, personne ne vous l’enlèvera… Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite » (Jn 16, 22 et 24) – « … Mon cœur est en fête, et ma langue exulte de joie… » (Ac 2, 26) – « En effet, le royaume de Dieu ne consiste pas en des questions de nourriture ou de boissons ; il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14, 17).

 

De cette allégresse, des ordres religieux en témoignent. Ainsi, les Chanoines et Chanoinesses de la Mère de Dieu vivent selon la règle de St Augustin (354 – + 430) qui avait écrit [« …soyez joyeux dans l’espérance de l’éternité, non dans la fleur de la vanité. C’est ainsi qu’il vous faut être joyeux. Soyez-le en tout lieu et en tout temps ! »] (St Augustin Sermon 171, 1-3.5).

Les Dominicains et les Franciscains rayonnent, eux aussi, de cette joie venue de la Résurrection. St Dominique (1170 – + 1221), fondateur de l’ordre des frères prêcheurs ou Dominicains, était animé par l’amour de Dieu et du prochain, poussé par l’Esprit Saint, sa vie reflétait la joie qui, déjà en ce monde, anime les Serviteurs de Dieu.

St François d’Assise (v 1181 – + 1226) avait, quant à lui, demandé à Frère Léon d’écrire que la joie parfaite réside dans un total renoncement (abandon de l’accumulation des biens matériels, de l’esprit de vengeance …) Elle se réalise lorsque, comme St Paul, il devient possible de dire : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui viten moi. Ce que je vis aujourd’hui dans lachair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. »(Gal 2, 20).

 

Cependant, l’objectif de cette joie parfaite, qui apporte la paix intérieure, est difficile à atteindre, particulièrement dans notre monde matérialiste, où les tentations sont si nombreuses. Heureusement, de nombreux pasteurs et laïcs,  religieux,  mouvements ecclésiaux témoignent qu’elle passe par l’annonce et le témoignage en actes de l’Evangile et, que dès le tout début de cette Eglise voulue par Dieu, la joie était au rendez-vous. Nous devons donc prier inlassablement pour que nos communautés paroissiales vivent toujours plus de cette  « joie qui vient de l’Evangile » et veiller à ce à ce que chacune de nos paroisses ne deviennent jamais, comme le soulignait Mgr Patrick Chauvet dans une conférence intitulée « L’expérience de l’Espérance » d’après le roman de Georges Bernanos, journal d’un curé de campagne «  une paroisse comme les autres, … Comme tant d’autres paroisses ! … ». Quand la lassitude risque de nous gagner, repensons à cette parole de St Paul : «  De cela, je suis convaincu. Je sais donc que je resterai,et que je continuerai à être avec vous tous, pour votre progrès et votre joie dans la foi»(Ph 1, 25).

 

Georgette

 

 

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