Le livre des Actes des Apôtres est la continuation de l’évangile de St Luc. Construit autour des étapes importantes de la construction de l’Eglise Catholique (mot venant du grec καθολικός (katholikos qui signifie « universel »), il raconte les débuts du Christianisme et sa diffusion. Son édification part de Jérusalem pour s’étendre peu à peu à Antioche puis, grâce aux voyages de Paul, dans tout le bassin méditerranéen pour enfin atteindre Rome. A travers de nombreux récits de miracles, il relate l’activité missionnaire des personnages-clé : Etienne, Pierre et Paul et nous livre leurs très nombreuses prises de parole.

 

                            

                                   

 

 

Avec le treizième chapitre commence l’histoire de la période décisive qui est celle de la rencontre de la culture judéo-chrétienne avec le monde hellénistique : présence de femmes influentes et, dans les synagogues, de circoncis « les juifs » et de « craignant-Dieu » (non juifs proches du judaïsme. Sans être totalement convertis, ils forment une communauté à part adhéran. Ils adhérent en partie à la Torah mais refusent la circoncision). Ces éléments montrent qu’il y a un changement de perspective : d’une église exclusivement judaïque,  il y a un passage à une église ouverte à tous.  

 

Le passage lu en cette quatrième semaine du temps pascal raconte l’arrivée de Paul et Barnabé à Antioche de Pisidie (province romaine qui se situe à l’ouest de la Turquie actuelle). Pour Paul, le but de ce voyage est clair : il compte se rendre dans les synagogues pour s’adresser à ses frères en Judaïsme. Il tient à leur parler de Jésus de Nazareth qui, pour lui et pour les Apôtres, est vraiment le Messie attendu. Dans son idée, un Juif qui lit l’Ecriture et découvre le Christ deviendra chrétien, et ce n’est que lorsque tout le peuple sera converti que la conversion des païens pourra commencer. A ses yeux et à ceux de ses contemporains, le plan de Dieu comportait deux étapes : le choix du peuple élu, puis l’annonce du salut aux autres peuples par les Juifs : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Is 49, 6) et Jésus lui-même avait donné cette consigne à ses apôtres : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains »(Mt 10, 5).

 

 

Dès leur venue à Antioche de Pisidie, Paul et Barnabé se rendent à la synagogue. Ils y reçoivent un accueil favorable et les chefs les invitent à prendre la parole. Paul s’adresse donc à la communauté : [« Et nous, nous vous annonçons cette Bonne Nouvelle : la promesse faite à nos pères, Dieu l’a pleinement accomplie pour nous, en ressuscitant Jésus, comme il est écrit au psaume deux : Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré » ((Ac 13, 32-33). Le discours de Paul semble avoir atteint son objectif : « A leur sortie de la synagogue, les gens les invitaient à leur parler encore de tout cela le prochain sabbat. Une fois l’assemblée dispersée, beaucoup de Juifs et de convertis qui adorent le Dieu unique les suivirent » (Ac 13, 42-43). Le Samedi suivant, c’est donc devant une assistance nombreuse qu’ils reprennent la parole : « Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole du Seigneur » (Ac 13, 44). Cependant, leur manière de parler de Dieu est contestée par les Juifs « fondamentalistes » : « Quand les Juifs virent les foules, ils s’enflammèrent de jalousie, ils contredisaient les paroles de Paul et l’injuriaient » (Ac 13, 45).

Devant ce refus de croire que le Christ est le Messie attendu et qu’il est le Fils de Dieu, la fin du sermon à Antioche devient évidente : « C’est à vous d’abord qu’il était nécessaire d’adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes. C’est le commandement que le Seigneur nous a donné : J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre  » (Ac 13, 46-47).

Cette prise de position très nette a contribué à la conversion de nombreux païens et à la diffusion de la Parole dans toute la région mais elle a valu à Paul et Barnabé d’être expulsés d’Antioche de Pisidie. Néanmoins, ils poursuivront leur mission  en se rendant à Iconium.

Le livre des Actes des Apôtres se termine par une parole adressée aux Juifs de Rome : « Sachez-le : c’est aux nations que ce salut de Dieu a été envoyé. Les nations, elles, écouteront. »(Ac 28, 28).

Certes, Paul et Barnabé ont du quitter Antioche de Pisidie, mais les disciples des nouvelles communautés restaient guidés par la joie de l’Esprit Saint : « les disciples étaient remplis de joie et d’Esprit Saint »(Ac 13, 49). Pour l’auteur des Actes des Apôtres, le lien entre le l’Esprit Saint et la joie semble évident puisqu’elle est une caractéristique du Royaume de Dieu. St Pierre l’a affirmé: « vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. » (1 P, 8-9). Paul, lui aussi invitait les communautés à la joie : « …vous, ma joie et ma couronne, tenez bon dans le Seigneur …Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie » (1 Ph 4, 1 et 4). Cette joie, don du Christ, est un élément essentiel du témoignage chrétien. Elle permet de voir la puissance de Dieu en actions. Alors, veillons à ce que nos communautés en soient le reflet.

Georgette

Sources : Arras catholique – Marie-Noëlle Thabut – Missionnaires Spiritains

 

 

 

 

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