Dominique Kaeppelin (1949 – 2019) est décédé le 17 avril 2019. Il était né au Puy en Velay (Hte Loire). Son père, le sculpteur et peintre  Philippe Kaeppelin (1918 – 2011), consacra une grande partie de son œuvre à l’Art sacré. Père et fils ont sculpté la pierre, le métal, le plomb, le laiton, l’étain, l’or, le marbre et le verre pour réaliser de nombreux autels, croix, retables, statues et tabernacles …

Dans cette famille, l’art et la religion ont toujours occupés une place importante. Dans sa jeunesse, Dominique a passé beaucoup de temps dans l’atelier paternel puis il s’est formé à l’école des Beaux-Arts de Paris où il a étudié la sculpture et la gravure. A son tour il est devenu sculpteur d’Art profane et Sacré.

Dominique définissait ainsi sa vocation : « Mon métier, c’est de créer un espace qui soit digne de ce moment unique de la liturgie où le ciel rejoint la terre ». Il a travaillé à la rénovation des chœurs d’Eglises avec le souci d’intégrer harmonieusement ses créations contemporaines à des environnements anciens.

La cathédrale Notre Dame de l’Annonciation du Puy-en-Velay leur doit beaucoup. Philippe en a rénové le chœur. Il en a conçu le mobilier (autel, ambon, cathèdre) ainsi qu’une immense croix de la résurrection, en verre et bronze. La lumière qui en émane a été imaginée et élaborée longuement et minutieusement en biseautant les arêtes d’un verre très pur assemblé au bronze. Lorsqu’elle est éclairée par l’arrière, apparaissent en son cœur une multitude de points lumineux aux couleurs différentes. Eclatante, elle rappelle la Gloire de Dieu. La croix, instrument de supplice, brille au dessus du chœur en signe de victoire sur la mort devenant ainsi signe de vie. Il a également sculpté la statue de la Vierge Noire de la Chapelle du Saint-Sacrement.

                              

                                                                                

 

Quant à Dominique, il a créé, en 2010, une statue de St Jacques de Compostelle en bois de hêtre qui est installée au sommet des grands escaliers de la cathédrale. Elle marque le départ du Camino de la Via Podiensis du Pèlerinage de St Jacques de Compostelle. On lui doit également le Groupe de Pèlerins de St Jacques. Il venait de terminer une immense mise au tombeau en bois de tilleul (2,60 m de haut sur 2,70 m de large) qui prendra place dans un oratoire spécialement aménagée dans la chapelle des Pénitents.

 

                                            

 

Tous deux ont également travaillé dans de nombreux autres édifices religieux.

Philippe :

  • L’autel de la cathédrale Notre Dame – St Privat de Mende (Lozère)   

 

  • Le chœur de la cathédrale St Louis de Versailles 

 

  • Le maître autel en plomb décoré avec des ceps de vignes de la Cathédrale Notre Dame du Havre     

 

  • Le maître autel, la Crucifixion en bois peint en ocre et or et l’autel en bronze doré de la chapelle du St Sacrement de l’église St Louis à Brest        

 

  • Autel de la chapelle St Joseph des Carmes (Paris 6ème)    

 

Dominique :

  • L’ambon, l’autel et la cathèdre de la cathédrale St Jean-Baptiste du Belley (Ain). Le lumineux ensemble de ce mobilier est comme une préfiguration de la Résurrection.

 

              

 

 

  • L’ambon et les fauteuils de présidence de l’Eglise St Louis à Brest.

         

 

  • Le magnifique ensemble du chœur de l’Eglise Notre Dame de l’Immaculée Conception (12ème) qui comprend l’autel (avec un agneau qui tient entre ses pattes de devant une croix (cette représentation, connue dans l’iconographie grecque, symbolise la résurrection), l’ambon, le siège du célébrant et une grande croix de la crucifixion avec à ses pieds une cuve baptismale. Du côté percé du Christ jaillit une source : « …un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt en sortit du sang et de l’eau »(Jn 19, 34). Placée au pied de la croix elle rappelle que le Salut vient par le Christ. L’ambon en bois teinté est décoré d’une source coulant en cascade blanche.

  • L’autel, l’ambon et la croix de l’église Ste Bernadette à Lourdes.

  • Le retable de l’église Ste Bernadette à Annecy.

  • L’autel en cuivre frappé, doré à la feuille représentant la scène de la multiplication des pains (le Christ donne le pain à ses disciples qui le distribuent) et l’ambon de l’église St Maurice de Lignon (Hte Loire)

                                                   

 

Nous leur devons de nombreuses autres réalisations.

L’aménagement des chœurs était pour eux source d’inspiration. L’autel, table de sacrifice comme il en existait dans le temple de Jérusalem  n’est-il pas le centre de l’Eglise ? L’ambon quant à lui est le lieu de la proclamation de la parole de Dieu. Tous deux sont étroitement liés car ils sont  « nourriture » pour les fidèles.

Ces deux artistes ont mêlé leur foi personnelle et leur art. Dominique le considérait comme une aide pour la prière des hommes. Il aimait à dire : [« L’art sacré est comme une préfiguration d’un état de paix – la paix du Christ », « Comme nous sommes des êtres imparfaits, il nous faut des images pour l’approcher. L’art est important, mais après, il faut l’oublier. Il faut se mettre à genoux … »].

Georgette

Sources : Journal la Croix – Notre Dame de l’Annonciation du Puy en Velay et patrimoine architectural Français.

X