Deux des lectures de ce 1erdimanche de carême nous parlent de profession de foi. Mais professer sa foi, c’est quoi au juste et pourquoi la professer ?

 Professer sa foi : Dès les premiers siècles, l’Eglise a jugé la confession de foi (ou profession de foi) publique comme essentielle. Pour comprendre pourquoi, il faut prendre en considération la racine grecque de confesser homologeo : de homousignifiant (ensemble) et logos (parole émise de vive voix, déclaration essentielle). Professer sa foi, c’est donc proclamerensemble et à voix haute ce en quoi nouscroyons, ce qui est essentiel de connaître. Cette pratique remonte aux premiers temps de l’Eglise. Elle est née de celle des apôtres et des disciples. Elle se résumait à dire : « Je crois que Jésus est le Seigneur ». Puis, peu à peu, pour ceux qui ne l’avaient pas connu, il a fallu donner quelques précisions concernant : sa vie terrestre, sa mort et sa résurrection. Dans l’Eglise antique les premiers chrétiens ont donc résumé leur foi en quelques phrases pour en exprimer le contenu. C’était à la fois un enseignement et un moyen de répondre aux erreurs d’interprétation qui pouvaient être faites.

Pourquoi professer sa foi : De part son caractère communautaire, la confession de foi s’appuie sur la foi personnelle de chacun qui affirme, en son âme et conscience, ce en quoi il croit. St Paul a écrit « C’estavec le cœur que l’on croit pour devenir juste,c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut »(Rm 10, 9). Si les mots ne franchissent pas nos lèvres, elle risque de « s’éteindre». Très rapidement, les premiers chrétiens ont compris l’importance qu’il y avait à formuler, en communauté, l’essentiel de leur foi.

Dans l’Eglise primitive, elle se faisait sous la forme d’un dialogue et était étroitement liée aux pratiques baptismales. Avant la nuit de Pâques, les catéchumènes recevaient le texte du Notre Père et du Symbole de la foi avec ces mots : « Voici pour vous le moment derecevoir le Symbole(mot issu du grec ancien sumbolon (du verbe sumballesthaï « mettre ensemble ») qui contient en résumé tout ce quel’on croit pour le salut éternel. Croyez pour comprendre. Souscette forme résumée,le Symbole vous servira, quand vous serez devenufidèles,pour votre profession de foi et votre progression dans la foi »(Rituel selon les mots de St Augustin). Cette tradition a été reprise dans le rituel du baptême des adultes publié après Vatican II. Le premier Credo, le symbole des apôtres, écrit vers le 4eme siècle, est un court condensé de la foi de l’Eglise. Suite aux divergences naissantes, les conciles de Nicée en 325 puis de Constantinople en 381 ont défini une formulation plus précise. Ce texte est commun aux trois grandes confessions chrétiennes : catholiques, orthodoxes et réformés.

La profession de foi, sous forme dialoguée, se pratique lors des baptêmes, des professions de foi, de la confirmation et au cours de la veillée pascale. Chaque dimanche, à la fin de la liturgie de la Parole, nous proclamons notre foi en communauté avec le Symbole des Apôtres et, pendant l’Avent et le Carême, avec celui de Nicée-Constantinople.

Maurice Bellet, prêtre et théologien (1923-2018), affirmait que « réciter le Credo, c’est répondre àune parole qui m’est adressé » et il a ajouté : [« le Credo n’est pas « le catalogue d’articles de foi auquel le croyant doit apposer sa « signature», mais plutôt « l’explosion de questions majeures qui se posent à l’être humain… »]. Cet éclairage est important ; la profession de foi communautaire s’appuie sur celle personnelle de ses membres. Chacun croit à sa façon. C’est sans doute la raison pour laquelle certains ne sont pas à l’aise avec certaines formulations du credo. Alors que faire quand nous n’adhérons pas à certains de ses enseignements, si nous nous posons des questions ? Il faut d’abord prendre conscience que la foi peut se construire dans le douteàcondition de se laisser guider par la lumière de ses quatre piliers : la vérité, l’amour, l’unité et la sainteté. Ce sont eux qui nous permettent d’exprimer notre foi dans le Christ mort et ressuscité. C’est ce que nous apprend St Paul lorsque écrit : « Ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de mêmeil y a en seul Corps et un seul Esprit, un seul Dieu et Père de tous, au dessus de tous, par tous et en tous » et il poursuit « A chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selonla mesure du don fait par le Christ » (Ep 4, 2-5 et 7). Si la foi a un caractère personnel, elle doit cependant s’appuyer sur la foi communautaire. C’est ainsi que nous pouvons prendre conscience que dire « Je crois en Dieu » est un engagement à en témoigner en paroles et en actes. Pour y parvenir, nous avons besoin de la grâce de Dieu mais également du soutien des autres croyants.

Aujourd’hui vient d’avoir lieu l’appel décisif des cinq jeunes catéchumènes de notre groupement paroissial (3 collégiennes et 2 lycéens de l’aumônerie Mp3). Cette étape est la dernière avant leur baptême. En répondant « Me voici » à l’appel de leur prénom et « Je crois » à chaque demande de notre évêque, ils affirmeront leur désir d’être baptisés pendant la veillée pascale. Dimanche, ce sont les huit catéchumènes adultes (4 à Enghien et 4 à St Gratien) qui y participeront.

Pensons à les soutenir dans leur démarche et à unir nos prières avec celles de la communauté religieuse qui recevra le registre des noms de tous ceux qui pendant la vigile pascale recevront le baptême.

Georgette

Source : Croire

 

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