A la cime du grand cèdre, je prendrai une tige (Ez 17, 22-24)

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Les lectures de ce dimanche font référence aux arbres et aux plantes. Il faut souligner que les auteurs des récits Bibliques en mentionnent de nombreuses espèces (acacia, amandier, cèdre, chêne, figuier, olivier, palmier, peuplier, sycomore …). Le monde végétal a été une source d’émerveillement et d’inspiration pour eux. En le contemplant, en y faisant allusion, ils ont dispensé un riche enseignement symbolique. Découvrons-en quelques-uns

L’acacia : Cité plusieurs fois dans les textes,sa teinteclaire, ses reflets dorés et ses nœuds plus foncés font de lui un matériau noble. On dit que l’Arche d’Alliance était en bois d’acacia. Il servit à la construction du Temple et de l’Autel du sanctuaire « …tu feras pour la Demeure des cadres en bois d’acacia, dressés debout » (Ex 26, 15) – « …tu feras l’autel en bois d’acacia » (Ex 27, 1). Ses épines, quant à elles, sont un rappel des difficultés et épreuves de la vie. Selon la tradition, la couronne du Christ était faite d’une branche épineuse de cet arbre. Bois imputrescible, il symbolise la renaissance, l’immortalité.

L’amandier : Il tenait une place de choix dans les civilisations anciennes. Il est mentionné pour la 1ere fois dans le dialogue de Jacob avec ses fils revenus d’Egypte : « …Si c’est le cas, eh bien ! faites ceci : prenez dans vos bagages des produits du pays pour en faire présent à cet homme, un peu de baume, un peu de miel, des aromates et de la myrrhe, des pistaches et des amandes » (Gn 43, 11). En terre d’Israël, ses fruits sont abondants. Il représente l’éveil, la vigilance.

Le chêne : Il croît lentement mais sa durée de vie est très longue. Son espèce est évoqué à plusieurs reprises : « moi pourtant, j’avais détruit devant eux l’Amorite, dont la stature égalait celle des cèdres et la vigueur celle des chênes !… »(Am 2, 9). Abattu ou détruit par le vent ou la foudre, il peut produire de nouvelles branches.C’est pourquoi il évoque la force, la longévité, la puissance et le renouveau.

L’olivier : C’est un des premiers arbres à avoir été domestiqué par l’homme. Son rameau est, depuis la Haute Antiquité, symbole de paix. Il est le signe d’une nouvelle alliance conclue par Dieu avec Noé et sa famille : « Vers le soir, la colombe revient, et voici qu’il y avait dans son bec un rameau d’olivier tout frais ! Noé comprit ainsi que les eaux avaient baissé sur la terre (Gn 8, 11). C’est l’une des sept espèces que Dieu offre aux Hébreux : « Le Seigneur ton Dieu te conduit vers un pays fertile … pays de blé et d’orge, de raisin, de grenades et de figues, pays d’olives, d’huile et de miel »(Dt 8, 7-8). Il exprime l’espérance, la fidélité,  la longévité, la paix et  la réconciliation.

Le palmier : Ses rameaux entrent dans la confection du bouquet rituel de la fête du Souccot : « … vous prendrez des fruits d’un arbre magnifique, des rameaux de palmier, des branches d’arbres touffus et de saules des torrents... » (Lv 23, 40). Il est objet de métaphores : « Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban… Vieillissant, il fructifie encore, il garde sa sève et sa verdeur »(Ps 91, 13-15).Ses racines très profondes s’enfoncent dans le sol et baignent dans l’eau pour le faire croître. Belle image à méditer puisqu’il est l’emblème de la vigueur dans un milieu aride !

L’évocation de ces arbres montre la finesse de l’enseignement biblique. Dans le chapitre concerné, le prêtre et prophète Ezéchiel (dont l’activité s’exerça entre 593 et 571 av J.C.), ne se sert pas d’une parabole (quand on s’exprime par elle, c’est l’ensemble de l’histoire qui a du sens) mais il enseigne par une allégorie (dans ce cas, comme une sorte de rébus, chaque comparaison demande à être décryptée). Le cèdre (mentionné plus de 70 fois dans la bible) attribut de la grandeur, de la noblesse, de la force et de la pérennité et dont les branches étalées à l’horizontale forment une sorte de toit, évoque la dynastie davidique. Le peuple hébreux est alors exilé à Babylone. Dans le passage lu aujourd’hui : [« Ainsi parle le Seigneur Dieu : « A la cime du grand cèdre, je prendrai une tige ; au sommet de sa ramure, j’en cueillerai une toute jeune, et je la plantera moi-même sur une montage très élevée…elle portera du fruit, elle deviendra un cèdre magnifique »] (Ez 17, 22), il exprime la promesse divine d’une re-naissance ; sa portée est messianique. Il faut noter que Jésus en reprendra des éléments dans la parabole du grain de sénevé (la graine de moutarde) lu ce jour (Mc 4, 31-32).

Origène (2eme siècle) a écrit : « Le Cèdre ne pourrit pas ; en faire les poutres de nos demeures, c’est préserver l’âme de la corruption ».C’est un appel aux croyants. Comme les arbres, nous sommes invités à puiser nos forces « dans un sol fertile ». Pour nourrir notre spiritualité, la faire grandir et prospérer, nous devons donc avoir recours à la fécondité de la prière, de l’écoute et de la lecture de textes bibliques. Ceux d’aujourd’hui sont également une invitation à rester optimiste, ouvert à l’avenir en croyant fermement que Dieu, dans sa miséricorde, accomplira ses promesses.

Georgette

(Source les arbres du pays de la bible – Editeur KKC – département Jeunesse et Education Jérusalem)

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