De la fête de Chavouot à la Pentecôte (Ac 2, 1-11)

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La fête de la Pentecôte trouve son origine dans le Judaïsme. En Israël, le passage d’un mode de vie nomade à la sédentarité avait provoqué des changements dans la société mais aussi dans le culte ; vers la fin du 2eme millénaire avant J.C, il se célèbre dans des sanctuaires fixes. Israël instaure alors trois grandes fêtes annuelles qui suivent le calendrier agricole et donnent lieu à un pèlerinage.

  1. La fête des pains sans levain au début de la moisson. Elle sera par la suite reliée à celle de Pessah (La Pâque rappelant la sortie d’Egypte du peuple Juif).
  2. Celle de Chavouot, appelée aussi fête des Semaines, se célèbre à fin des moissons.
  3. Celle des vendanges (Souccot) clôture le cycle des récoltes.

Leur célébration rappelle les grandes étapes de l’histoire du peuple Juif et les réactualise. Celle de Chavouot se situe 7 semaines (soit 50 jours) après celle de Pessah. Après la destruction du second temple de Jérusalem (soit en 70 après J.C.), elle est recentrée sur la commémoration de l’Alliance au Sinaï, sur le don de la Torah et du décalogue. Ce détail de l’Alliance, mise au centre de cette solennité, est important. En effet, le Livre des Actes des Apôtres, écrit vers l’an 80-90 après J.C, relate les débuts du Christianisme et sa diffusion dans le bassin méditerranéen jusqu’à Rome. Son auteur Luc dédie ces textes à un certain Théophilequi signifie « Celui qui aime Dieu ». Il s’adresse donc à chacun !

Le récit de ce dimanche se situe le jour de la fête de Chavouot qui s’appelle également Pentecôte (nom tiré du grec « pentêkostề hêméra »= cinquantième jour). Ce jour-là, à Jérusalem se tenait, dans la chambre haute (partie de la maison qui est élevée, mise à l’écart, consacrée à la méditation, à la prière), une réunion cachée. Les 120 disciples (dont nous avons parlé la semaine dernière), quelques femmes et Marie y priaient : « Tous d’un même cœur étaient assidus à la prière avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. » (Ac 1, 14). Dans la ville, la foule est nombreuse ; des hommes venus de toutes les contrées, depuis Rome jusqu’au pays des Parthes situés à 2500 km à l’Est de Jérusalem, sont venus rendre grâce à Dieu. C’est donc en ce jour de fête que le défenseur (l’Esprit Saint), promis par Jésus, leur est donné « Quand viendra le défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité, qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur » (Jn 15, 26).

Cette théophanie, (« du grec théos = Dieu et phainô = rendre visible » ; manifestation de Dieu qui se fait reconnaître par des signes extérieurs, visibles), offre de nombreuses similitudes avec celle de l’Alliance au Sinaï dont la Pentecôte Juive en est la commémoration. Etudions-en quelques-unes : « Moise monta vers Dieu »(Ex 19, 3) – Le jour de l’Ascension, après avoir promis la venue de l’Esprit Saint, le Christ s’élève vers son Père « tandis que les Apôtres le regardait, il s’éleva … » (Ac 1, 9). Dans les deux cas, il y a un mouvement ascendant : l’esprit pousse vers Dieu. Les phénomènes tels que vent, tonnerre, feu … quant à eux, sont semblables : « Il y eu des coups de tonnerre, des éclairs … »(Ex 19, 16), « …un grand bruit survint du ciel comme un violent coup de vent » (Ac 2 19-16), « …la montagne du Sinaï était toute fumante car le Seigneur y était descendu dans le feu. » (Ex 19, 18), « Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux » (Ac 2, 3). Ici, le mouvement est descendant : Dieu désire atteindre le cœur humain ! Ces manifestations visuelles et sonores disent sa grandeur et son désir de rejoindre  l’Homme au creux de ses attentes et de ses souffrances. Les « langues de feu » (le symbolisme de cet élément est fort : il éclaire, réchauffe, purifie …) font également allusion à l’organe de la parole. Le message du Sinaï, que Jésus est venu aider à redécouvrir et intérioriser, est clair ; elle ne devra plus être uniquement écrite sur des rouleaux de parchemin ou dans des livres, elle devra s’inscrire dans les cœurs.

L’Esprit Saint, donné aux Apôtres et aux Disciples marque ainsi l’accomplissement du mystère Pascal. La résurrection (dont la racine grecque anistemi se traduit généralement par ressusciter mais aussi par se lever, se tenir debout, partir, sortir) porte son fruit par l’effusion de l’Esprit qui les invitent : à méditer cet appel de l’alliance au Sinaï : « Si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, vous serez mon domaine particulier parmi tous les peuples  car la terre m’appartient ; mais vous, vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte »(19, 5-6). Il s’agit maintenant, pour les apôtres et les disciples, de faire connaître la Parole de Dieu au monde, de l’inviter à l’amour universel !  Cet événement marque la naissance de l’Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique.

Georgette

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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