Origine de la fête des Rameaux & Dimanche des Rameaux et de la passion de Notre Seigneur

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La fête des rameaux trouve son origine dans l’Ancien Testament. L’usage des palmes était réservé aux célébrations des fêtes agricoles et plus particulièrement celle des récoltes ou fête des tentes (Soukkot). Elle avait lieu à l’automne et se célébrait sous des huttes de branchages, de rameaux : « …le quinzième jour du septième mois, lorsque vous aurez récolté les produits du pays, vous irez en pèlerinage fêter le Seigneur pendant sept jours …Le premier jour, vous prendrez des fruits d’un arbre magnifique, des rameaux de palmier , des branches d’arbres touffus et de saules des torrents, et vous vous réjouirez pendant sept jours en présence du Seigneur votre Dieu » (Lv 8, 15-16). Cette fête est aussi décrite dans le livre de Néhémie : « …, « Sortez dans la montagne et rapportez des rameaux d’olivier, d’olivier sauvage, de myrte, de palmiers et d’autres arbres touffus, pour faire des huttes, comme il est écrit. » Le peuple sortit donc : ils rapportèrent des rameaux et se firent des huttes » (Livre de Néhémie 8, 15-16). Aujourd’hui encore cette tradition perdure et les rameaux tiennent une place importante lors des prières et des offices célébrant Soukkot. Les fidèles confectionnent un bouquet rituel, le loulav, composé d’une branche de palmier, de trois branches de myrte, de deux branches de saule (Les trois premières espèces sont soigneusement assemblées) et d’un fruit, le cédrat, qui le complète. Les quatre espèces représentent la diversité et l’unité de l’existence ainsi que les quatre lettres du Tétragramme. A la synagogue, chacun agite son bouquet vers les quatre points cardinaux, la terre et le ciel ainsi que devant l’arche qui contient les rouleaux de la Tora. Une façon de rappeler que la place de chaque humain est, à la fois au centre d’un espace physique et face à Dieu qui est Un. C’est ce que nous rappelle la prière Juive la plus connue : « Shéma Israël » qui est prononcée le matin au réveil et le soir au coucher : « Ecoute ô Israël, l’Eternel est notre Dieu, l’Eternel est Un ».

Chez les Chrétiens, elle célèbre le dimanche qui ouvre la semaine sainte. Son nom exact est « Dimanche des Rameaux et de la Passion » Des rameaux car nous écoutons l’évangile rappelant l’entrée de Jésus à Jérusalem : « …beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin, d’autres des feuillages coupés dans les champs. Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna, Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur … ». Pendant la procession d’entrée, nous agitons des branchages verts qui ont été bénis ; dans nos régions c’est généralement du buis et le symbolisme en est, lui aussi très fort : dans l’antiquité, consacré à Hadès ou Cybèle, il était et demeure toujours, un symbole funéraire et d’immortalité. Nous chantons alors Hosanna, Hosanna, ce qui en Hébreu signifie : « Sauve, nous te le demandons ». C’est le cri que le pauvre adressait au roi qui pouvait le sauver et lui faire justice et le cri que le peuple lance à Dieu : « Donne, Seigneur, donne le salut ! Donne Seigneur, donne la victoire ! » (Ps 117, 25). Cette acclamation reprise par la liturgie chrétienne est devenue une hymne de louange, un cri de joie. L’office se poursuit avec le récit de la passion du Christ (Mc 14, 1-15,47) qui rappelle la trahison de Judas, l’institution de l’Eucharistie, l’arrestation de Jésus , le reniement de Pierre, le procès, la condamnation, la mort du Christ et la mise au tombeau.

Ce dimanche est toujours un jour d’affluence à l’église. Pour certains, venir chercher des rameaux bénis relève un peu de la superstition (ils protégeraient de la foudre, ils éloigneraient les mauvais esprits des demeures …). Bien que cet aspect n’ait rien à voir avec le véritable sens de cette fête, c’est l’occasion, pour des personnes qui pratiquent peu, de se sentir invitées, accueillies ; d’assister à une belle messe, d’entendre l’émouvant récit de la passion, de prier et de rencontrer une communauté chrétienne vivante, et à travers tous ces signes, découvrir que la semaine à venir est tendue vers quelque chose d’inouï : la vie sera à jamais plus forte que la mort !

Georgette

 

 

 

 

 

 

 

 

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