Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur (Jr 31, 31-34)

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La 1ere lecture de ce 5eme dimanche de carême, extraite du chapitre 31 du livre de Jérémie, est consacrée à l’espoir d’une renaissance spirituelle liée à la promesse d’une nouvelle Alliance ; il ne s’agit pas d’un renouvellement, d’un remaniement de l’Ancienne mais de quelque chose de neuf et de durable, ouvrant sur un nouvel avenir. Le verset 13 du chapitre 8 de la lettre aux Hébreux nous indique bien que l’Ancienne était condamnée à s’éteindre : « En parlant d’Alliance nouvelle, Dieu a rendu ancienne la première ; or ce qui devient ancien et qui vieillit est près de disparaître » (Hb 8, 13). Qu’est-ce donc qui avait vieilli dans l’alliance mosaïque et la condamnait ? Elle était pourtant bonne puisqu’elle indiquait la différence entre le bien et le mal, qu’elle apprenait à respecter la Loi et demandait la fréquentation du temple pour y prier et offrir des sacrifices ! Mais cette Loi, il faut le souligner, s’adressait davantage à l’ensemble de la communauté qu’à chaque individu et devant les nombreuses tentations, le peuple a peu à peu fermé son cœur à l’enseignement divin et renié le pacte qui le liait à Dieu.

Malgré la déportation puis le retour à Jérusalem, rien n’a vraiment changé ; la place des rites et des interdictions est toujours plus importante que la réelle transformation des cœurs. C’est dans ce contexte que Jérémie entrevoit le temps où, avec une meilleure connaissance de Dieu, cette alliance s’adressera non pas à une famille, une communauté où une nation particulière mais s’inscrira dans les cœurs. Sous l’action de l’Esprit Saint, il annoncera que, à cause des fragilités et de l’incapacité humaine à résister au péché, les lois ou toute forme d’éducation sont incapables de maintenir la foi ; seule le pourra une relation intime s’établissant entre Yahvé et l’être humain c’est en cela qu’elle sera nouvelle !

Ce qu’annonce Jérémie, c’est que, seule une « renaissance » rendra possible une prise de conscience : les croyants ne pourront se maintenir dans la foi que par la grâce de Dieu qui soutient et guide dans le droit chemin et parce qu’en elle se trouvent les trésors de la connaissance et de la sagesse qui permettent l’acceptation de la vérité divine qui naît dans la profondeur du cœur.

C’est bien ce qu’Ezéchiel, le contemporain de Jérémie, dit aussi lorsqu’il écrit : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair » (Ez 36-26). Le cœur de pierre est présent, à différents degrés en chacun de nous ; c’est celui qui se ferme à la volonté de Dieu, à la souffrance de ses frères mais est ouvert à la cupidité, à la colère, à l’envie … Le cœur de chair, c’est celui de ceux qui lisent et méditent la parole de Dieu et se laissent peu à peu transformer par elle. A l’approche de Pâques, soyons assuré que : « Le cœur de chair promis par les prophètes est désormais présent dans le monde : c’est le cœur du Christ transpercé par la croix en ultime sacrifice expiatoire ; c’est celui que nous recevons au cours de l’Eucharistie en croyant fermement qu’il se met à battre en nous aussi » (P. Raniero Cantalamessa).

Georgette

 

 

 

 

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