« Celui qui fait la vérité vient à la lumière. » (Jn 3,21)

 

« Faire la vérité », ce n’est pas être parfait, mais c’est accepter de « venir à la lumière ». Faire la vérité dans sa vie, c’est mettre sa vie sous la lumière du Christ. Le regard miséricordieux de Jésus nous aide à avoir un regard juste sur nous-mêmes. C’est un regard qui éclaire et libère.

Le regard du Christ nous libère d’une fausse image de nous-mêmes. Souvent, nous oscillons entre une vision idéalisée de nous-mêmes (idéal de perfection : « je suis parfait ! ») et une vision très dure et exigeante (dépréciation de nous-mêmes : « je suis nul ! ») Le regard miséricordieux du Christ nous aide à équilibrer les choses, sans nous exalter outre mesure, ni nous enfoncer plus bas que terre : « Devant toi, Seigneur, qui est la Lumière, je suis cette union de dons et de fragilités, de « lumière » et de « ténèbres » [cf. Jn 3,19-21]. »

 

La « lumière » = le travail de la grâce en moi :

  • mon être: « c’est Dieu qui nous a faits, il nous a créés dans le Christ. » (Ep 2,10) Le fond de mon être est bon (cf. Ps 138 : « Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis. »)
  • les multiples dons que Dieu me faits : à travers mes « talents », ma famille, mon histoire, mon travail, mes relations, mes goûts, mes joies…
  • la vie spirituelle que le Seigneur a construite en moi: la foi, l’espérance, l’amour…
  • tout ce que j’ai construit de beau avec l’aide du Seigneur: « les œuvres accomplies en union avec Dieu » (Jn 3,21)
  • tout ce que le Seigneur a reconstruit en moi: le salut, le pardon donné par « la richesse surabondante de sa grâce » (Ep 2,7)

 

Les « ténèbres » = le refus de la grâce en moi = le péché (Jn 3,20 : « le mal déteste la lumière ») :

  • le manque de gratitude, de reconnaissance pour tous les dons reçus
  • le manque d’effort et de coopération pour développer les dons et talents reçus (Ep 2,10 : « il nous a créés en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions. »)
  • tout ce qui distend la relation à Dieu: la tiédeur dans la foi et la charité, dans les sacrements et la prière, dans l’offrande de soi à Dieu…
  • tout ce qui blesse la relation aux autres: l’égoïsme, la jalousie, la colère, le refus de pardonner, le désir excessif de jouissance et de possession…

 

« Faire la vérité », c’est venir auprès du Christ, qui dit : « Je suis la Lumière du monde » (Jn 8,12). C’est lui demander de faire vivre la lumière qui est en nous et de chasser l’obscurité du péché. C’est reconnaître les zones d’ombres qui sont en nous et les montrer au Christ, capable de faire vivre même ce qui est mourant : « Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. » (Jn 3,16)

Une manière très concrète de « faire la vérité » en « venant à la lumière », c’est de recevoir le Sacrement du Pardon. De nombreuses possibilités nous sont offertes en ce temps de carême : accueil des prêtres dans les églises (cf. site web paroissial), journée du Pardon le 17 mars (cf. Trait d’Union). Une astuce pour ne pas se laisser trop impressionner par cette démarche : puisque nous ne sommes pas que « ténèbres », mais aussi « lumière », commencer le Sacrement en disant quelque chose de positif, en remerciant le Seigneur pour tel ou tel don reçu, tel ou tel talent. L’action de grâce aide à recevoir davantage la grâce.

Père Edouard George

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