La Tradition fait du quatrième dimanche de Carême un jour de joie, comme le troisième dimanche de l’Avent. Ces deux dimanches, la couleur liturgique n’est plus le violet, couleur des temps de « pénitence », mais le rose, couleur de joie. Les premiers mots des textes propres à ces dimanches sont « Réjouissez-vous » (4ème  dimanche de Carême) ou « Soyez dans la joie » (3ème dimanche de l’Avent).

En dehors du Temps Ordinaire, en couleur verte et en deux épisodes qui couvrent plusieurs mois, de l’Epiphanie au Carême, de la Pentecôte à l’Avent, deux périodes de plusieurs semaines, en couleur violette, précèdent deux fêtes importantes en couleur blanche : Noël, 25 décembre, date fixe, qui tombe n’importe quel jour de la semaine, et le dimanche de Pâques qui correspond au premier dimanche de printemps, entre fin mars et fin avril. A Noël, on fête la venue au monde de Jésus, à Pâques, on fête la Résurrection de Jésus. Ces temps liturgiques organisent toute l’année à partir du temps de Jésus, du temps de l’Eglise, jusqu’à la fin des temps, du Premier Dimanche de l’Avent, début décembre, au Dimanche du Christ-Roi, fin novembre.

Un petit jeu de mots, facile à comprendre, montre l’importance de ces deux dimanches : la couleur rose signifie que ces temps particuliers que sont l’Avent et le Carême, le temps qui vient après Jésus-Christ et l’objet même de la foi chrétienne n’ont rien de morose. Le dictionnaire indique que morose signifie au sens propre : « qui est d’humeur chagrine », ses synonymes sont « maussade » et « renfrogné ». Au sens large, morose qualifie un sentiment ou une pensée qui n’ont rien de positif et qui pourtant nous séduisent, nous subjuguent, s’imposent à notre esprit, alors que nous ferions mieux de les repousser et de nous en détacher. Faute de vouloir ou de pouvoir y parvenir, nous risquons de nous « enfoncer dans la morosité. »

Pour ce 4ème dimanche de Carême de l’année B, la liturgie propose trois lectures qui peuvent nous tirer de la morosité. Au livre des Chroniques, Israël se souvient que son Dieu a mis fin à l’Exil. Dans la lettre aux Ephésiens, Paul rappelle aux chrétiens qu’ils passent de la mort à la vie avec le Christ, « par grâce », « à cause du grand amour dont il nous a aimés », « pour que nos actes soient vraiment bons, conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous ». Dans l’évangile, Jean compare le Christ en croix au serpent de bronze dressé par Moïse dans le désert, que les Israélites mordus par des serpents devaient regarder pour être sauvés : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé. » Jean, c’est bien connu des lecteurs de son évangile, pratique couramment une écriture à double sens. Dans sa comparaison du Fils de l’homme avec le serpent d’airain, le verbe « élever » signifie à la fois crucifier et glorifier Celui qui est le Fils unique donné par Dieu, envoyé par Dieu dans le monde, auquel il est recommandé de croire pour être sauvé. Dieu ne juge pas, il sauve.

Père Damien Noël

 

 

 

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