Psaume 18 (19) – 8, 9, 10, 11

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La partie retenue par la liturgie de ce 3eme dimanche de carême est la partie centrale du psaume 18 (19) qui peut être classé dans la catégorie des psaumes d’instruction. Il se divise en trois parties :

  • La beauté de la création tout entière est le signe même de l’existence de Dieu.
  • la “crainte de Dieu” qui en découle appelle à observer sa loi qui est source de vie.
  • l’observation de la loi nous libère du péché pour une vie de bonheur.

Toute la création nous incite à rendre gloire à Dieu ; elle nous délivre un message : en contemplant sa beauté, vous vous ouvrirez à Dieu !

Cependant, cette magnificence est insuffisante à l’Homme. Il lui faut des « balises » pour le conduire à Dieu. C’est pourquoi le peuple d’Israël, en se référant à la loi reçue de Moïse, considère les commandements non pas un obstacle à la liberté mais comme un cadeau qui les affranchit des « chaînes qui emprisonne l’Homme ».

En effet, le respect des lois est libérateur, puisqu’elles sont, avant tout « signe » de l’amour de Dieu. C’est ce que le psalmiste souligne lorsqu’il écrit : « Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard. La crainte qu’il inspire est pure, elle est là pour toujours » (Versets 9-10). Soulignons que le mot « Torah » trouve sa racine dans le nom verbal de hörä qui signifie : « indiquer, diriger, enseigner, instruire ».

Des lois structurantes et socialisantes

Nous pouvons affirmer que les lois, règles et limites ne sont pas des obstacles à notre libre arbitre. Au contraire, elles sont structurantes, socialisantes. Michel Lemay, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, dans son ouvrage « J’ai mal à ma mère », souligne que les jeunes, qui dès leur plus jeune âge, ont été privé d’un milieu familial « normal » (entre autre avec le manque d’une image maternelle) en étant placés dans des foyers d’accueil, courent un risque : celui de conséquences dommageables pour le développement harmonieux de leur vie d’adulte.

Voici ce qu’il écrit : «…nous sommes perpétuellement interpellés par leur avidité, leur agressivité, leurs craintes d’abandon, leur incapacité à s’attacher réellement, l’oscillation entre des attitudes de toute puissance et l’expression de leur grand désarroi… ». Ces dérèglements sont souvent la conséquence d’un manque de référence aux règles, aux interdits. Or toute société, tout groupe culturel en a besoin pour vivre en harmonie les uns avec les autres.

Ce que nous dit Diane Drory, psychologue belge : « Les règles, telle la colonne vertébrale du corps humain, permettent la stabilité du cadre de vie ». Ces exemples montrent donc à quel point, loi, règles, limites et interdits sont indispensables à la construction de l’être humain. C’est bien ce que reconnaît le palmiste lorsqu’il écrit : « …les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables : plus désirables que l’or, qu’une masse d’or fin, plus savoureuses que le miel qui coule des rayons » (versets 10-11).

Dieu respecte la liberté de l’homme

Dieu, dans son immense amour, a voulu respecter la liberté de l’Homme tout en lui donnant des repères afin qu’il «  puisse de lui-même chercher son Créateur… ». Or « L’éducation de la conscience garantit la liberté et engendre la paix du cœur…Dans la formation de la conscience, la Parole de Dieu est lumière sur notre route ; il nous faut l’assimiler dans la foi et la prière, et la mettre en pratique… ». Pour y parvenir, « Nous sommes assistés des dons de l’Esprit Saint, aidés par le témoignage ou les conseils d’autrui et guidés par l’enseignement autorisé de l’Eglise ». (Catéchisme de l’Eglise Catholique § 1784-1785).

Georgette

Illustration : Pxhere – CCO – Domaine public

 

 

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