Homélie du 5ème dimanche du temps ordinaire samedi à 18h à St Gratien et dimanche à 10h 30 Enghien

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Etre « une Eglise en sortie » : c’est à cela que le Pape François nous appelle fortement.

Une Eglise « en sortie », à l’image de Jésus, dans l’Evangile, qui ne tient pas en place ! Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus « sort », par trois fois…

 

1ère sortie

Jésus sort de la synagogue de Capharnaüm, pour aller chez Simon-Pierre, où il guérit la belle-mère de Pierre et de nombreux malades.

Nous aussi, nous devons sortir de la sécurité de nos églises et de nos sacristies, sortir de la recherche du seul bien-être spirituel, sortir des habitudes réconfortantes d’un univers catholique où tout peut sembler clair, pour rencontrer pleinement le monde ordinaire, le monde qui est le nôtre, avec ses défis, ses richesses et ses blessures.

Nous devons apprendre à vivre notre foi dans notre vie ordinaire, au milieu de personnes ordinaires, car nous sommes nous aussi des personnes ordinaires.

Madeleine Delbrël, magnifique figure spirituelle du XXème siècle, en cours de béatification, qui a vécu de nombreuses années à Ivry-sur-Seine et connaît donc très bien notre joli monde de la banlieue, écrivait, dans un texte intitulé La sainteté des gens ordinaires : « Il y a des gens que Dieu prend et met à part. Il y en a d’autres qu’il laisse dans la masse et qu’il ne retire pas du monde. Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire ou sont des célibataires ordinaires. Des gens qui ont des maladies ordinaires, des deuils ordinaires. Des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires, ce sont les gens de la vie ordinaire. Les gens qu’on rencontre dans n’importe quelle rue. (…) Nous autres gens de la rue, croyons de toutes nos forces, que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis, est pour nous le lieu de notre sainteté. »

 

2ème sortie

Le lendemain, avant l’aube, alors qu’il fait encore nuit, Jésus sort de la maison de Pierre, pour aller prier, seul, dans un endroit désert.

Nous aussi, nous devons sortir avec courage de notre confort quotidien, de notre train-train quotidien, pour aller rencontrer, dans la prière, Celui qui donne sens et saveur à nos existences.

Nous devons apprendre à sortir de nous-mêmes, pour vivre fidèlement ce rendez-vous quotidien de la prière, dans la nuit lumineuse de la foi.

Madeleine Delbrël écrivait, dans le texte déjà cité, à propos du silence : « Le silence ne nous manque pas, car nous l’avons. Le jour où il nous manque, c’est que nous n’avons pas su le prendre. Tous les bruits qui nous entourent font beaucoup moins de tapage que nous-mêmes. Le vrai bruit, c’est l’écho que les choses ont en nous. (…) Le silence est la place de la parole de Dieu. Dans la rue, pressés par la foule, nous établissons nos âmes, comme autant de creux de silence où la parole de Dieu peut se reposer et retentir. »

 

3ème sortie

Jésus, enfin, sort dans toute la région de la Galilée, pour annoncer à tous la venue du Règne de Dieu : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Evangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »

Sortant du sein du Père pour venir à notre rencontre, Jésus nous indique le chemin, toujours le même : celui de l’exode, celui de la sortie.

Nous devons donc apprendre à sortir de nos peurs, pour rencontrer davantage, dans la simplicité, le dialogue, et en prenant le risque de l’amitié, tous ceux qui ont oublié Dieu et qui n’ont pas la chance de connaître le Christ.

Madeleine Delbrël, encore : « Il ne s’agit pas, pour nous, de travailler pour le Christ, mais de revivre le Christ au milieu d’un monde déchristianisé. Etre le Christ, pour faire ce que fait le Christ. Etre le Christ dans un monde où Dieu n’est plus là. »

Père Edouard George

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