« Je ne compte que des nuits de souffrance… » (Job 7, 1-4, 6-7)

Publié le

Dans ce livre, l’auteur décrit, avec parcimonie, les douleurs et la déchéance physique de Job «  La nuit transperce mes os et ce qui me ronge n’a pas de répit … » (30, 17) « ma peau a noirci sur moi, mes os brûlent de fièvre » (30, 30)… Il s’attache surtout à la souffrance psychique de ce croyant confronté à l’incompréhensible.

Job, rappelons-le, était un homme juste et irréprochable. Ses nombreux enfants étaient élevés dans le droit chemin. Or il perd tour à tour, ses richesses, ses troupeaux et tous ses enfants. Cependant il ne prononce aucune parole de révolte contre Dieu : « …L’Eternel a donné, l’Eternel a repris. Que le nom de l’Eternel soit béni ! ». (1, 21).

Atteint des pieds à la tête d’un ulcère purulent, il est obligé de quitter sa maison pour s’installer seul, sur une décharge publique puisqu’il est considéré comme impur. Ce rejet, cet isolement provoquent en lui de grandes souffrances morales qui font monter à ses lèvres les plaintes de la lecture de ce jour « Si je me couche je dis : A quand le jour ? Si je me lève : A quand le soir ? » (7, 4) … A ses amis qui tentent de lui prouver que Dieu récompense les bons et punit les méchants, il répond avec véhémence et rejette avec force ces affirmations : « Je vous dis que je n’ai pas péché, donc ce qui m’arrive est injuste ». Sa foi en est affectée et il crie à Dieu sa révolte, son incompréhension suite à cette succession de malheurs.

Mais peu à peu, une relation personnelle s’établit entre Dieu et Job. Il finit par comprendre qu’il avait construit sa vie sur l’image erronée d’un Dieu prompt à châtier celui qui ne respecterait pas à la lettre toutes les règles. En réalité, ses bonnes actions résultaient de la crainte qu’il avait de Dieu. C’est ce qu’il avoue par ces mots : « De fait, j’ai parlé sans les comprendre, de merveilles hors de ma portée, dont je ne savais rien…C’est par ouï-dire que je te connaissais, mais maintenant mes yeux t’ont vu. » (42, 3 et 5)

Ce récit nous aide à comprendre que contrairement à ce que pensent certains croyants, les souffrances qui jalonnent nos vies n’ont rien à voir avec nos actions et ne sont aucunement rédemptrices. Néanmoins, la souffrance librement acceptée contient une grâce qui rapproche l’homme du Christ.

Le sacrement des malades, que recevront la semaine prochaine ceux qui en ont fait la demande, est depuis Vatican II, un sacrement de vie. Il est destiné à nous rappeler le soutien et la présence du Christ à nos côtés lorsque nous devons affronter les épreuves de la vieillesse ou de la maladie (quelle soit d’origine physiologique ou psychologique).

Georgette

 

 

Plus de lecture...