Homélie du 3ème dimanche de l’Avent le dimanche 17 décembre

Publié le

A l’époque de la rédaction de cet évangile de Jean, il y a compétition entre les disciples de Jésus et ceux des autres courants du judaïsme sur la question : Jésus est-il bien le « Messie attendu » comme le prétendent ses disciples.

La première lecture de ce 3e dimanche de l’Avent est le texte d’Isaïe 61 : 1-11 qui annonce le retour des juifs de leur exil à Babylone et le rétablissement du royaume d’Israël. A l’époque de Jésus, Israël est à nouveau occupé, par les romains, et les juifs attendent à nouveau le rétablissement de ce royaume qui est, pour eux, le règne de Dieu, règne de la justice. « Le Seigneur Dieu m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le coeur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance, et aux captifs la liberté ».

La première partie de l’évangile est tirée du prologue. La seconde partie est la suite immédiate de ce prologue (Jean 1, 1 à 18). Ce « montage » constitué par des versets pris dans le 1er chapitre de l’évangile de Jean a pour but de mettre en relief le rôle du Baptiste : il est un témoin, témoin privilégié du Messie. Il n’est pas ni Elie dont le retour, selon une tradition devait précéder la venue du Messie, ni le « Grand Prophète » annoncé par Moise selon le livre du Deutéronome (18,15).

Arrêtons-nous sur cette parole : « Il se tient au milieu de vous Celui que vous ne connaissez pas », car elle s’adresse aussi à nous.

A nous aussi, en effet, on pourrait dire « vous êtes à la recherche de Dieu… » Mais il est là, voyons, au milieu de vous : vous le rencontrez, vous le côtoyez à chaque instant mais vous ne semblez pas vous douter de sa présence.

  1. Il est présent dans les tabernacles de nos églises (où on devrait venir l’adorer plus souvent).
  2. En ce moment, il est là, au milieu de nous qui sommes rassemblés pour célébrer l’Eucharistie.
  3. Lorsque, tout à l’heure quand le prêtre consacrera le pain et le vin, Il sera présent sur l’autel pour s’offrir et se donner à nous comme Pain de Vie dans la communion.

Mais même en dehors de cette présence eucharistique, il est encore présent à côté de nous et en nous de bien des manières :

  • Il est présent au plus intime de notre âme.
  • Il est présent dans notre prière personnelle, même lorsque nous n’éprouvons aucune ferveur.Il est présent dans notre travail et nos occupations de chaque jour, puisque le travail, est la volonté de Dieu
  • Il est particulièrement présent, dans nos épreuves, nos maladies et nos souffrances auxquelles il compatit avec une ineffable tendresse
  • Il est présent dans le prochain, en n’oubliant pas d’être proche des plus petits, puisque c’est lui.
  • Il est présent dans les évènements même les plus déroutants, une manifestation de sa Providence.

Les contemporains de Jésus ne surent pas le discerner :

– soit parce qu’ils attendaient quelqu’un de tout à fait différent… Jésus, en effet, ne répondait pas du tout à l’idée qu’ils se faisaient du Messie.

– soit parce que leur orgueil et leur jalousie les frappaient d’aveuglement.

Oh, prenons bien garde, chers frères et sœurs, de ne pas renouveler pour notre compte une telle méprise ! Ce malheur ne se reproduira pas si nous savons raviver et intensifier notre Foi.

Le vrai chrétien, celui qui vit essentiellement de la Foi, ne rencontre pas seulement le Seigneur dans la prière et les sacrements, mais le voyant dans toutes les personnes ou évènements ou rencontres. il y voit toujours la main de Dieu qui guide et dirige.

Savoir ainsi reconnaître et rencontrer le visage du Seigneur, dans chaque personne – même en celles qui nous heurtent, nous offensent, nous font souffrir – et aussi dans chaque évènement jusqu’aux plus désagréables, pénibles ou déconcertants – est un des grands secrets de la vie spirituelle.

C’est peut-être sous cette grille de lecture que nous devons relire les derniers évènements de nos paroisses.

En parlant de rencontre inattendue, nous étions en vacances dans le sud de la France, chez nous, C’était le dimanche de Pâques. J’ai diaconé et comme d’habitude je suis sorti en premier avec le prêtre à la fin de la messe. J’ai reconnu a la sortie une paroissienne d’Enghien qui ne m’avait pas reconnu. Je la salue et elle s’adresse à son amie a ses côtés pour me présenter comme diacre d’Enghien. Du coup, son amie voit dans cette rencontre un signe de la providence et commence à pleurer. Elle a une révélation. Retourne dans l’église et va voir mon épouse et lui raconte tout ce qu’elle avait sur le cœur. Qu’elle vient de perdre son gendre brutalement. Surtout qu’elle avait une fille qui vit seule avec un enfant à Enghien et qu’elle se faisait beaucoup de soucis. Je sors de la sacristie après mettre changé et je retrouve mon épouse en pleurs et la personne dans la joie de Pâques. Elle avait transféré toutes ses angoisses à Véronique. Elle était ressuscitée. Mon épouse lui ayant promis d’aider sa fille.

La phrase la plus importante de cette liturgie est dans la deuxième lecture tirée de la lettre aux Thessaloniciens : « Frère, soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance »

En ce jour de Gaudere, symbolisé par le rose, qui mélange le violet de l’Avent et le blanc de Noël, soyez toujours dans la joie en sachant qu’ « Il se tient au milieu de nous. » et nous le savons !

Jean Claude – Diacre permanent

 

Plus de lecture...