Homélie du 1er novembre 2017 : fête de la Toussaint à 11h à St Gratien

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En 2008, lors d’un voyage au Vietnam chez un ami, j’ai eu la joie de participer au mariage de sa sœur. Un mariage dans l’Eglise catholique, mais précédé par une cérémonie traditionnelle à la maison, devant l’autel familial où se trouvaient les portraits des ancêtres. Une manière de relier les vivants et les morts, de confier le nouveau couple à la protection bienveillante des ancêtres. Cette coutume m’a beaucoup marqué ; elle existe dans de nombreux pays, et l’Eglise catholique la respecte profondément : pour l’Eglise, elle est en effet une expression de la foi en ce que l’on appelle « la communion des saints » (cf. notre Credo : « Je crois à la communion des saints »).

Nous pouvons nous poser trois questions :

  • Qu’est-ce que cette « communion des saints », dans laquelle nous entrons nous aussi pleinement aujourd’hui, en cette fête de la Toussaint ?
  • Comment peut-on dire que les saints interviennent en notre faveur ?
  • A quoi peut ressembler notre prière aujourd’hui ?

La communion de saints

Cette réalité de notre foi signifie que l’Eglise du ciel et l’Eglise de la terre sont étroitement unies. L’Eglise, en effet, est « une », dans trois « états » distincts, nous dit la Tradition catholique :

  • l’Eglise en pèlerinage sur la terre, celle qui cherche à connaître et aimer Dieu et à vivre de sa sainteté sur terre (= nous) ;
  • l’Eglise qui est en voie de purification (= les défunts qui sont imparfaitement purifiés, mais qui meurent dans l’amitié avec Dieu et sont assurés de leur salut éternel – ce que l’on appelle communément le « purgatoire ») ;
  • et l’Eglise du Ciel (= le peuple immense des « saints », connus et inconnus, qui sont déjà pleinement unis à Dieu dans l’éternité).

L’Eglise est « une », c’est-à-dire que ce grand peuple des « saints », vivants et morts, forme un seul corps, le Corps mystique du Christ.

Dans ce corps, ce que chacun fait et souffre dans et pour le Christ porte des fruits pour tous.

L’intercession des saints

Si la communion entre chrétiens sur la terre nous rapproche de Dieu, nous comprenons aussi que ceux qui sont morts dans l’amitié du Christ peuvent intervenir avec Lui pour notre salut et notre bien.

Cf. la prière d’ouverture de la messe qui parle d’une « multitude qui intercède pour nous » ; et la prière sur les offrandes, qui dira : « ils interviennent pour notre salut ».

Cf. Saint Dominique, mourant, à ses frères : « Ne pleurez pas, je vous serai plus utile après ma mort et je vous aiderai plus efficacement que pendant ma vie. »

Cf. Sainte Thérèse de Lisieux : « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre. »

Ainsi, les « saints » (pensons à la multitude des saints canonisés, représentés par des images ou des statues dans nos églises ; mais aussi à la foule des saints connus de Dieu seul) ne sont pas seulement des modèles, des exemples à imiter : ils interviennent pour nous !

Dans l’Eglise unie, « le bien des uns est toujours communiqué aux autres » (Cf. Saint Thomas d’Aquin, plus grand théologien du Moyen-Age). Et cela vaut en particulier pour ceux qui sont déjà dans la plénitude de l’Amour de Dieu, les saints du Ciel : unis au Christ, ils peuvent nous communiquer la plénitude de cet Amour.

Notre prière aujourd’hui

En raison de cette communion existentielle entre les vivants et les morts, nous pouvons donc à la fois :

  • prier pour nos défunts aujourd’hui (notre prière pour eux peut les aider dans la purification qu’ils ont peut-être encore à vivre) ;
  • mais aussi demander leur intercession en notre faveur (leur union au Christ ou leur chemin de purification vers le Christ peuvent nous être profitable).

Demandons-leur d’augmenter notre désir du Ciel, notre désir de rencontrer Dieu et de vivre saintement notre vie sur terre.

Et tous ensemble, vivants et morts, confions-nous à la miséricorde du Seigneur.

Père Edouard George

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