C’est en présence d’une petite-fille de Charles Péguy que Claire Daudin, agrégée et docteur en lettres modernes, présidente de l’Association « Amitiés Charles Péguy », nous a fait découvrir, sous cinq aspects différents, cet homme de « la périphérie » tourné vers l’avenir.

L’élève : Né à Orléans en 1873, Charles Péguy a perdu très tôt son père. Il a été élevé par sa mère et sa grand-mère, de fortes femmes, exerçant le métier de rempailleuse de chaises. Pour subvenir aux besoins du foyer, chez les Péguy, on travaille dur. De cette enfance « pauvre » mais digne, Charles Péguy a retenu la valeur du travail bien fait, motivé certes par des nécessités matérielles mais qui doit l’être aussi par goût. L’école est la part la plus précieuse de son enfance. Alors que ses origines sociales le destinaient à l’enseignement professionnel, le discernement de Mr Naudy son directeur d’école lui a permis une entrée en 6eme qu’il vit comme une « résurrection ». Pour lui, l’école est le moyen qui permet d’accéder à soi-même. On y apprend la décence, le sens du respect pour tous.

L’entrepreneur : Engagé politiquement, Charles Péguy ne se considère pas comme un « penseur élitiste ». Il renonce à l’enseignement et à la carrière universitaire pour fonder une société d’édition qui lui permettra de diffuser des idées socialistes conformes à ses convictions. En 1900, il fonde la revue « Les Cahiers de la Quinzaine ». La pensée a besoin d’un support, il se servira donc de cette revue pour diffuser ses idées. Il y dénonce notamment la non connaissance des besoins des plus pauvres. Les premiers numéros sont consacrés à la critique des dérives totalitaires qu’il repère dans l’évolution du socialisme français.

Le père de famille : Il se marie en 1896 avec Charlotte Baudouin, sœur de son ami Marcel. Son premier enfant Marcel naît en 1898, sa fille Germaine en 1901, son second fils Pierre en 1903. Un dernier fils Charles Pierre verra le jour en 1915. Charles Péguy a toujours choisi ses lieux de vie en fonction de sa famille (belle maison avec jardin). Sa belle mère et le frère de sa femme vivent avec eux. N’ayant pas eu de modèle paternel, l’éducation donnée à ses enfants sera non conventionnelle, innovante. Elle se fait en famille. Pour lui, le père de famille est un aventurier du monde moderne. Il faut laisser les enfants être qui ils sont ! Dans le Porche du mystère de la 2eme vertu, se dévoile sa tendresse de père  « Les enfants sont plus mes créatures que les hommes ».

L’écrivain : Malgré ses multiples occupations, il a laissé derrière lui une grande œuvre. Ses « oeuvres poétiques », « œuvres en prose », poèmes sont des textes qui répondent à des attaques ou qui dévoilent ses convictions profondes. Le court essai « De Jean Coste » dénonce la misère dans laquelle vit un grand nombre d’instituteurs laïcs ; celui de l’Argent est un texte d’une brûlante actualité.

Le soldat : Aimant l’ordre, la discipline, Charles Péguy a toujours aimé la vie militaire. La guerre s’annonçait, il s’y engage dans l’espoir qu’elle serait la dernière. Les lettres qu’il écrira durant cette période font preuve d’une grande maturation, d’une grande intensité spirituelle. Face au danger, il demande à ses proches de prier pour lui. Il meurt le 04 Septembre 1914 à Villeroy (77) , d’une balle en plein front.

Deux autres conférences nous permettront de faire connaissance avec l’homme engagé et l’homme de foi. Pour étudier sa vie, son œuvre, vous pouvez consulter le site très complet indiqué ci-dessous :

http://charlespeguy.fr/

Georgette

 

 

 

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