La 1ere lecture de ce 28eme dimanche du temps ordinaire fait partie des textes de l’Apocalypse d’Isaïe (Chapitre 24-27). Le mot apocalypse est, aujourd’hui, synonyme de catastrophe massive et violente. Or, il vient d’un terme grec apokalupsis dont la réelle signification est « dévoilement » « révélation ». Le voile de deuil « il fera disparaître le voile de deuil » (verset 7) pourrait être traduit par le voile d’ignorance ; cette incompréhension qui ne nous permet pas de comprendre totalement le sens de notre vie terrestre et celui du projet de Dieu pour l’humanité.

Le chapitre 25 commence par une action de grâce : « Seigneur, tu es mon Dieu, je t’exalte, je rends grâce à ton nom, car tu as accompli projets et merveilles, sûrs et stables depuis longtemps » (Is 25, 1). Les projets de Dieu, nous le devinons en partie, c’est une humanité pacifiée, unie ; c’est un « royaume » où régnera la justice et où l’Alliance avec Dieu (la communion avec Lui) sera effective, totale. Isaïe en rend compte quand, sous une forme poétique et symbolique il décrit le festin qui réunira toutes les nations : « …Le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin … » (Is 25, 6). Le festin, c’est la fin des conflits de tout ordre, de l’injustice, de la souffrance, la fin de la mort spirituelle ; c’est le jour où nous vivrons enfin en paix avec Dieu et avec nous-mêmes.

Isaïe ne doute pas des promesses de Dieu. Le lieu de ce banquet c’est le Temple reconstruit de Jérusalem (c’est le sens de l’indication donnée par Isaïe « Sur cette montagne …» verset 7). Or nous ne devons pas oublier ce que St Paul nous révèle : « Quand on se convertit au Seigneur, le voile est enlevé » (2 Co, 3, 16) puis il ajoute «  …Nous tous qui n’avons pas de voile sur le visage, nous reflétons la gloire du Seigneur, et nous sommes transformés en son image… » (2 Co, 3, 18). Il va même encore plus loin lorsqu’il nous dit : « Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu… ? » (1 Co, 3, 6) puis : « Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous » (1 Co, 3, 17).

Immense responsabilité que la nôtre. Puisque Dieu (mot dont la racine indo-européenne signifie « briller » et par extension « lumière ») vit en nous, nos visages et nos actes doivent être le reflet de cette lumière intérieure. C’est l’Amour qui doit illuminer nos regards et conduire nos vies ; et nous devons, dès maintenant : « essuyer toutes larmes sur les visages ! »

Georgette

 

 

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