Homélie du 27ème dimanche ordinaire à Enghien le samedi 7/10/17 à 18h et à 11 le 8/10 à St Gratien

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Introduction :

C’est l’époque des vendanges et ça tombe bien, car c’est le troisième dimanche que l’on parle de « vigne » à la messe !

  • Il y a deux semaines : la parabole des ouvriers qui sont embauchés à différentes heures de la journée pour aller travailler à la vigne du maître.
  • La semaine dernière : les deux fils que le père envoie : « Mon enfant, va travailler à ma vigne ! »
  • Aujourd’hui : « le chant du bien-aimé à sa vigne » (Is 5) et la parabole de Jésus racontant l’histoire des vignerons homicides.

Plan de l’homélie :

  • (1) Nous arrêter un instant sur la réalité concrète de la vigne
  • (2) Voir ensuite comment cette image biblique dit quelque chose des relations tumultueuses de Dieu avec son peuple

 

  • La réalité concrète de la vigne

La vigne est un élément essentiel du monde méditerranéen. Une réalité que Jésus, comme ses interlocuteurs, connaît très bien.

La vigne n’a de sens que par rapport à son fruit. Son bois est sans valeur ; les sarments secs sont jetés au feu.

Or, c’est évident pour les amateurs de vin, ce fruit de la vigne « réjouit dieux et hommes » (Jg 9,13). La vigne est toujours du côté de la joie : joie de Dieu, joie des hommes, alliance de ces deux joies.

La culture de la vigne dépend par excellence du soin porté par les vignerons (= c’est la part de l’homme ; l’effort produit). Mais sans une bonne terre et un bon enchaînement climatique, pas de bons raisins ni bon vin ! (= c’est la part de Dieu ; ce qui est donné généreusement et reçu comme un don gratuit).

  • La culture de la vigne est donc un savant mélange de don reçu et d’effort produit, de gratuité divine et de mérite humain. C’est pourquoi cette image biblique convient si bien pour parler des relations entre Dieu et les hommes.

 

  • La vigne, image de la relation de Dieu avec son peuple

Le thème de la « vigne » parcourt toute la Bible (41 mentions du vin et 32 mentions de la vigne). De nombreux livres ont été écrits sur le sujet.

Si la vigne procure de la joie à l’homme qui la travaille, grâce au vin qui proviendra de son fruit, le thème biblique principal est celui du peuple saint considéré comme une vigne incapable de donner le fruit attendu.

Cf. Is 5 : Dieu a tout fait pour sa vigne ; mais au lieu du fruit de la justice, elle a donné l’aigre vendange du sang versé. Alors Dieu va livrer sa vigne aux dévastateurs…

L’amour fidèle de Dieu, cependant, peut toujours être invoqué (cf. Ps 80). Ce n’est que dans la fidélité à Dieu que de bons fruits pourront être produits.

Mt 21 : Jésus résume dans sa parabole toute l’histoire du peuple élu : Dieu n’a cessé d’attendre des fruits de sa vigne, mais au lieu d’écouter les prophètes, les vignerons les ont maltraités… Dieu envoie alors son propre Fils ; mais celui-ci sera également tué : c’est le comble de l’infidélité ! Alors une nouvelle étape du dessein de Dieu commencera : la vigne sera confiée à des vignerons fidèles ; la vigne donnera enfin du bon fruit !

  • Qui est cette vigne nouvelle, capable de donner du bon fruit ?

C’est l’Eglise, le peuple croyant, quand il reste étroitement uni à Jésus, la vigne véritable (cf. Jn 15 : « je suis la vigne, et vous les sarments… sans moi, vous ne pouvez rien faire » !)

Notre union à la vigne véritable, condition pour porter du fruit, se réalise de manière unique dans le mystère eucharistique. Jésus, la vigne véritable, nous donne le fruit de son amour : son sang, sa vie ; recevant ce fruit de la vigne à travers la communion, le peuple croyant est vivifié par l’amour qui unit Jésus à son Père, et devient lui-même capable de porter un bon fruit.

Conclusion :

Nous pouvons méditer ce thème de la vigne infidèle et de la Vigne véritable qu’est le Christ, pour comprendre les relations de Dieu avec l’humanité. Le fruit de la vigne, à travers l’Eucharistie, est offert à tous, pour que tous puissent porter du fruit.

Pour ma part, souvent, en passant devant la belle vigne qui se trouve dans le cloître du presbytère de Saint-Gratien, je regarde (ou goûte) ses bons raisins en pensant à nos communautés paroissiales, appelées elles aussi à donner de bons fruits.

Père Edouard George

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