Pardonner inlassablement !

Publié le

La première lecture et l’évangile de ce dimanche nous invitent au pardon. Le psaume, quant à lui, nous rappelle la miséricorde de Dieu ; il nous invite à pardonner comme Lui.

En pardonnant, nous voudrions oublier ; or il ne faut pas confondre pardon et oubli. Certaines blessures sont si douloureuses, qu’instinctivement, nous les enfouissons au plus profond de notre être. Mais elles peuvent ressurgir de façon inattendue. Le Père Guy Gilbert, dans son petit livre « Apprends à pardonner – La plus belle promesse de liberté » consacre un chapitre (les chemins du pardon) à cette difficulté. Il cite le philosophe Jacques Derrida qui avait écrit : «  …le pardon exige la mémoire absolue, intacte, active, et du mal et du coupable. », et il rappelle que la colère n’est pas un péché, qu’en éprouver participe à une démarche de pardon.

Un autre écueil à surmonter est le refus du pardon (quel que soit la forme prise pour le demander). Rien n’est plus terrible que de se voir refuser nos excuses, notre désir de faire la paix. Là encore le Père Guy Gilbert nous donne un conseil : laisser l’autre digérer sa rancune, être patient et lui laisser le temps de progresser à son propre rythme.

Pardonner c’est donc puiser en Dieu les ressources de compassion et de miséricorde qui nous aideront à avoir un autre regard sur la personne qui nous a offensé. C’est apprendre à voir, en elle, celle qui est aimée de Dieu.

Jésus nous demande de pardonner inlassablement : « Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois » (Mt 18, 21-35) C’est sans doute un rappel, mais dans le sens opposé, du chant de Lamek « Ada et Silla, entendez ma voix …écoutez ma parole : Pour une blessure j’ai tué un homme ; pour une meurtrissure un enfant. Caïn sera vengé sept fois et Lamek soixante dix sept fois !» (Gn 4, 23-24) Il n’est plus question de loi du Talion. Jésus remet au centre ce qui fait la spécificité du pardon dans le judaïsme ; Il n’est pas une sorte de grâce et il se divise en trois temps :

– la compréhension de sa faute.

– la volonté de transformer son acte.

– la transformation réelle de son comportement.

Dans le judaïsme, Dieu ne peut nous pardonner que si « notre frère » nous pardonne et il est dit aussi qu’il faut pardonner sous peine d’humilier ou de décourager notre prochain.!

 

 

Plus de lecture...