Babel ou les bienfaits des différences ?

Publié le

Pourquoi Dieu, dans le texte de la Genèse (11, 1-9) introduit-il « la confusion dans le langage des hommes » ? Rappelons nous ce qui est écrit : « … Ils  sont un seul peuple, ils ont tous la même langue : s’ils commencent ainsi, rien ne les empêchera désormais de faire tout ce qu’ils décideront. Allons, descendons et là embrouillons leur langue : qu’ils ne se comprennent plus les uns les autres. » (Gn 11, 6-7).

En relisant le récit, nous pouvons noter que personne dans Babel ne porte un nom. Il y est seulement fait mention d’un nous impersonnel. Le projet de construire une tour « dont le sommet pénètre les cieux » voudrait-il dire que les habitants de ce royaume veulent se rapprocher de Dieu ? Bien au contraire, ils s’enferment dans la ville avec le désir d’y être invincibles et supérieurs. La tour, quant à elle, n’est que le reflet de leur orgueil. Or l’histoire a montré que la pensée unique, les totalitarismes aboutissent à une catastrophe. Effacer, gommer les différences mène à la destruction d’une civilisation.

Le royaume de la tour de Babel est, comme le dit le pape Benoît XVI dans son homélie du 27-05-2012 : « … la description d’un royaume dans lequel les hommes ont concentré tellement de pouvoir qu’ils pensent ne plus devoir faire référence à un Dieu lointain, et être si forts qu’ils peuvent se construire une route qui mène au ciel pour en ouvrir les portes et se mettre à la place de Dieu ».

Si Dieu brouille les langues, c’est que son désir est tout autre. N’est-il pas écrit : « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais, avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré : je fais de toi un prophète pour les nations » (Jr 1, 5) Ce qu’il désire c’est un peuple qui, peu à peu, s’ouvrira aux autres. A la place du « langage unique » ne permettant plus la réflexion, il veut introduire la multiplicité qui ouvre au dialogue. La diversité n’est pas un obstacle à la compréhension entre les Hommes. Ce qui appauvrit l’humanité, c’est l’uniformisation des manières de vivre et de penser.

Dieu préfère donc attendre pour ré-unir l’humanité. C’est dans la personne du Christ qu’il le fera. C’est Lui qui deviendra « la porte de Dieu » (traduction de Babylone dont Babel est l’abréviation). Le don de l’Esprit  Saint, au lieu de la division et de l’aliénation permettra, peu à peu, la construction du Royaume de Dieu qui est encore en devenir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus de lecture...