Homélie du 7ème dimanche de Pâques à Enghien

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L’attente des apôtres, avec Marie et d’autres femmes, après l’Ascension de Jésus…

Attente que se réalise la promesse de Jésus : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je vous enverrai l’Esprit Saint, l’Esprit de vérité, le Défenseur ».

Plan :

  • Dans quel état d’esprit vivent-ils cette « attente » ?
  • Et dans quel état d’esprit pouvons-nous vivre nous aussi cette neuvaine à l’Esprit-Saint, avant la Pentecôte ?

 

L’attente des disciples avant la Pentecôte

Ils sont dans la confiance : Jésus tiendra promesse !

Mais sans doute y a-t-il  aussi une certaine confusion intérieure… Car leur mémoire à tous est à vif !

Les événements récents sont encore proches, brûlants, dans leur esprit :

  • Il y a d’abord eu l’appel et la vie à la suite de Jésus = 3 longues et belles années où ils ont accompagné Jésus dans sa longue itinérance de rabbi (ses merveilleux discours, ses miracles plein de puissance et de force, son amitié, sa prière, sa compagnie joyeuse, paisible, rassurante ; mais aussi sa force dans l’adversité et dans le combat, sa manière puissante de tenir tête à tous ses détracteurs)
  • Mais voilà… contre toute attente : il y a eu, ensuite, subitement, brutalement, dramatiquement, sa passion et sa mort = un effroyable traumatisme pour ceux qui avaient cru en lui, tant espéré en lui (« et nous qui avions cru qu’il serait le libérateur d’Israël, le messie ! ») C’est un thème clé dans l’Evangile : les attentes déçues des disciples, au moment de la mort de Jésus = celui en qui ils ont cru n’est pas le « messie » qu’ils attendaient ; Jésus les a profondément déçus !
  • Et enfin, peu après, très peu de temps après – mais l’entre-deux a dû leur sembler une éternité – il y a eu la résurrection de Jésus, dont ils se remettent à peine : comment celui qu’ils ont vu mort peut-il leur être apparu vivant, à plusieurs reprises, dans son corps même ? Quelle expérience étonnante, déconcertante, bouleversante !

Depuis la résurrection de Jésus, régénérés par l’étonnante présence du Ressuscité, les disciples peuvent désormais voir la réalité en face : Dieu ne réalise pas nos attentes de la manière dont nous l’attendons !

Il nous déçoit, parce qu’il nous purifie. Il ne réalise pas nos attentes, car il les dépasse. Il les approfondit, il les élève. Dieu est toujours surprenant. Il n’agit pas comme nous !

Et c’est pourquoi les disciples savent que le don de l’Esprit, qu’ils attendent, selon la promesse de Jésus, ne sera pas exactement comme ils l’attendent. Dieu agit toujours par surprise. C’est pour cela qu’il est Dieu !

 

Et nous ? Dans quel état d’esprit nous trouvons-nous, entre l’Ascension et la Pentecôte ?

Il faut parfois accepter d’aller au bout d’une attente stérile, aux franges du désespoir, pour être rendu capable de reconnaître le don de Dieu = le don toujours nouveau de Dieu, donné à la manière de Dieu, de la manière dont il veut se donner à nous.

Dieu n’est pas au bout de nos efforts, de notre tension vers le bien.

Il y a une purification qui s’opère, quand nos espoirs sont déçus. Alors peut venir la vraie plénitude, comme une surprise, comme un don qui vient du dehors, de Dieu seul.

Nous ne pouvons en aucun cas fabriquer quelque chose de meilleur que nous. Seul Dieu est capable de nous combler, au-delà de ce que nous pouvons penser ou même imaginer…

Dieu est plus grand que tout. Il est au-delà de tout. Il est Dieu.

Quand nous attendons nous aussi l’Esprit, comme les disciples avant la Pentecôte, nous devons, comme eux, être dans une attente confiante, mais qui accepte d’être un peu confuse aussi.

Une attente prête à se laisser surprendre par le don de Dieu, toujours au-delà de nos représentations, de nos attentes humaines.

Nous ne pouvons attendre que les mains ouvertes vers le ciel, dans l’attitude des mendiants qui n’attendent plus quelque chose de précis, qui espèrent tout de la bonté du Seigneur.

 

Viens, Esprit-Saint, nous t’attendons !

Viens, à ta manière, en nos vies !

Père Edouard George

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