Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, Heureux êtes-vous ! (1 P 4, 13-16)

Publié le

Etrange affirmation ! Comment l’incompréhension, les insultes, le mépris et les persécutions pourraient-elles être source de bonheur ?

Pour comprendre, il faut se référer à l’origine du mot  « Heureux ». Tout comme bonheur, il vient de heur (vieux mot français) qui signifie « la chance ». Il dérive phonétiquement du latin « augurium » signifiant « augure » « présage » dans un sens positif ainsi que « occasion heureuse ». Il a donc un sens positif.

Pierre affirme : «  Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous ». Voilà qui nous éclaire ! Ce que Pierre entend par souffrance, c’est la fidélité au Christ. Elle est source, pour ses disciples, de calomnies, d’incompréhension, d’isolement, de mépris. Ces maux, Jésus en a été lui-même victime et il en est mort. Pierre précise donc : « Si l’on fait souffrir l’un de vous…si c’est comme Chrétien, qu’il n’ait pas honte et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là » Cette phrase de Pierre ressemble aux béatitudes écrites par Matthieu : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux… »  (Mt 5, 10-12). Béatitude, du latin « béatus » ne signifie-t-elle pas rendre heureux, mener à la paix. Les béatitudes sont des invitations à imiter Jésus. Sa vie, ses paroles nous tracent un chemin, nous indique la direction à suivre pour prendre part avec Lui à la Vie Eternelle. Elles sont aussi  des encouragements à poursuivre les efforts, à tenir bon malgré les épreuves. Elles sont également une annonce : « Vous avez eu raison de croire » et des félicitations qui reviennent à dire : « par votre attitude, vous ressemblez vraiment au Christ.. Vous êtes donc dignes d’entrer avec Lui dans le Royaume ».

Le « réjouissez-vous » n’est pas l’apologie de la souffrance. Elle n’est pas un but à atteindre. Jésus n’a-t-il pas consacré sa vie publique à la guérison, au pardon et à l’accueil de tous les exclus…Et les prophètes, n’ont-ils pas toujours annoncé le jour de Dieu comme celui de toutes les libérations. Le but à atteindre est l’union au Christ en toutes circonstances, dans un esprit d’abandon, d’amour et d’espoir.

Pierre sait de quoi il parle. Lui qui avait renié Jésus par peur de la souffrance, est devenu, après sa résurrection et la pentecôte,  un témoin audacieux, menant avec courage  sa mission d’évangélisation. Que ce texte aide nos communautés à redécouvrir le rôle de l’Esprit Saint et que, malgré les difficultés, chacun de ses membres apprenne à témoigner avec confiance et assurance de sa foi.

 

Plus de lecture...