Homélie du 6ème dimanche de Pâques à St Gratien

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Dans l’Evangile d’aujourd’hui, il est question d’un « autre Défenseur », que le Père doit envoyer, sur la prière de Jésus, après sa mort et sa résurrection.

3 questions : Qui est ce « Défenseur » ? Est-ce une « personne « ? A quoi appelle-t-il les croyants ?

Qui est ce « Défenseur » ?

« Défenseur » = mot grec « paracletos », qui peut se traduire par « intercesseur, avocat » (premier sens) ou « consolateur » (deuxième sens).

L’évangéliste Jean parle ici de l’expérience qu’il a faite, avec la première communauté chrétienne, de l’Esprit-Saint : c’est une présence, une réalité familière, proche (cf. « il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous » ; « vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous »).

= ce n’est pas un discours théorique, mais un discours d’expérience : l’expérience de la présence et de l’action de l’Esprit chez les croyants.

Toute l’histoire de l’Eglise parle de cette expérience du « Défenseur » :

  • (Premier sens) Pendant les périodes de persécutions, l’Esprit Saint est « l’avocat » qui prend la défense des chrétiens persécutés. C’est lui qui est l’allié dans les procès, la force pour le témoignage et le martyre.
  • (Deuxième sens) Après les persécutions, l’Esprit Saint reste « le consolateur » dans les difficultés internes et externes, l’allié dans la vie de tous les jours.
  • Et nous ? Faisons-nous l’expérience de cette présence agissante, puissante, du « consolateur divin », du « Défenseur divin » ? (= celui qui prend notre défense dans les épreuves intérieures ou extérieures, qui nous enseigne la vérité de Jésus et nous assiste dans le témoignage de la foi)

Est-ce une « personne « ?

Oui, dit toute la tradition de l’Eglise !

Cet « autre Défenseur » est « quelqu’un », de même que Jésus est « quelqu’un ». Jésus est le premier « Défenseur » envoyé par le Père aux hommes ; l’Esprit-Saint est « l’autre Défenseur » envoyé par le Père : c’est l’Esprit du Christ qui continue à agir en nous, après la venue de Jésus sur terre., comme une « personne »

Il n’est pas seulement « quelque chose de divin », une énergie, une présence, une force divine… C’est quelqu’un, l’Esprit-Saint ! On peut l’appeler, l’invoquer, le contempler, comme une « personne ».

Il est un interlocuteur, un ami, celui que la prière de la Pentecôte appelle « l’hôte très doux de nos âmes ».

  • Est-ce que nous avons reçu l’Esprit-Saint ? Est-ce que nous entrons en relation avec lui comme avec « quelqu’un » ?

Je pense au Baptême, qui fait demeurer l’Esprit-Saint en nous (cf. les catéchumènes). Je pense aussi à la Confirmation, qui est cette présence renouvelée de l’Esprit, en vue de la mission (NB/ rappel sur la possibilité pour les adultes de se préparer à recevoir ce Sacrement à la Pentecôte 2018).

A quoi appelle-t-il les croyants ?

Je viens d’en parler : l’Esprit appelle à la mission. Il nous appelle à devenir nous-mêmes des « paraclets ». Celui qui nous console nous pousse à consoler les autres.

L’Esprit-Saint n’a pas d’yeux ni de mains. Il a besoin de nous pour consoler. Celui qui a reçu l’Esprit continue la mission de Jésus : il permet à Jésus de rejoindre chaque personne, d’être à notre tour des « autres paraclets ».

  • Cardinal Newman : « Instruits par notre propre souffrance, par notre propre douleur, disons-le, par nos propres péchés, nous aurons l’esprit et le cœur exercés à toute œuvre d’amour vers ceux qui en ont besoin. Nous serons, selon notre capacité, des consolateurs à l’image du Paraclet, et dans tous les sens du mot : avocats, assistants, porteurs de réconfort. Nos paroles et nos conseils, notre manière de faire, notre voix, notre regard seront bons et apaisants. »

 Père Edouard George

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