Des rameaux à la passion

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Lorsque nous évoquons le Dimanche des Rameaux, nous pensons immédiatement aux acclamations joyeuses marquant l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Certes, les lectures commencent par l’entrée messianique du Christ, ponctuée par les « Hosanna au fils de David ! Béni soit qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » (Mt 21, 1-11)

 

Mais elles se terminent par des cris de haine « Crucifie le », par des gestes d’humiliation, par des insultes et  des moqueries « Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! Il est le roi d’Israël, qu’il descende de la croix !… »  

Nous avons alors tendance à penser : comment ont-ils pu laisser faire cela ? Pourquoi cet acharnement ? Or, ce n’est que la saisissante réalité du cœur humain. Ne nous y trompons pas, nous prétendons aimer Dieu mais nous savons bien que nous l’oublions trop souvent, que nous sommes capables de le rejeter, de l’oublier, voire même par notre comportement, de le « crucifier ».

Nous acclamons et chantons les louanges du Christ au cours de la messe ; mais dès qu’elle est terminée, il nous arrive de critiquer l’homélie du prêtre : « elle est trop longue, trop compliquée … » ou  l’animateur « les chants ne sont pas assez modernes, ils sont entonnés trop haut il serait temps pour lui d’arrêter, … ». Et, trop souvent, nous détournons notre regard devant ceux qui nous « dérangent » … Avons-nous alors conscience, que par notre attitude, par ces critiques si peu charitables, nous aussi nous lui enfonçons des clous dans la chair ?

Que la semaine Sainte qui commence, soit pour chacun, l’occasion de méditer ces passages de la lettre de St Jacques « Vous devez rejeter tout  ce qui vous reste de méchanceté, pour accueillir humblement la parole de Dieu semée en vous…Mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l’écouter, ce serait vous faire illusion…Si quelqu’un croit être un homme religieux, alors qu’il ne sait pas mettre un frein à sa langue, il se trompe lui-même, sa religion ne mène à rien. (Lettre de St Jacques 1, 19-27)

A Auschwitz, devant tant de souffrance, alors que Dieu semble se taire,  Etty Hillesum avait écrit : « …Il m’apparaît de plus en plus clairement, à chaque pulsation de mon cœur, que Tu ne peux pas nous aider, mais que c’est à nous de T’aider et de défendre, jusqu’au bout, la demeure qui T’abrite en nous ». Elle se sent renvoyée à sa propre responsabilité, celle de maintenir vivante en elle-même, une demeure pour Dieu, un espace de paix, de bienveillance et d’humanité…

Croire, aimer Dieu, c’est mener un combat spirituel contre nos obscurités !

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