Homélie du 5ème dimanche de Carême le 2/04 à 10h30 à Enghien

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Cette homélie s’adresse à ceux qui sont confrontés, à travers une personne de leur entourage, à une lourde maladie ou à un décès.

1ère partie = nous regarderons Jésus, notre Maître, qui est dans cette même situation (la maladie et la mort de son ami Lazare). Nous suivrons le cheminement du texte et l’attitude de Jésus (selon les 4 temps du récit).

2ème partie = nous en déduirons alors 4 attitudes possibles, face aux situations que nous-mêmes traversons.

1ère partie

Tout d’abord, de façon surprenante, apprenant la maladie (grave) de Lazare, Jésus ne part pas sur le champ le rejoindre… Enigmatique… Pourquoi cette attente de 2 jours ?

Nous constatons une certaine froideur / indifférence de Jésus, avec cette phrase mystérieuse : « cette maladie ne conduit pas à la mort » (la suite du récit montrera pourtant la mort de Lazare !) » + « elle est pour la gloire de Dieu » (en effet, le miracle qui suivra la mort de Lazare permettra aux témoins de rendre gloire à Dieu…)

Au départ en tout cas, Jésus semble absent au moment où l’on a le plus besoin de lui, ce que ne manquera pas de lui faire remarquer (ou reprocher ?) Marthe, la sœur de Lazare, par la suite : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! »

Peut-être une manière pour Jésus de prendre une certaine distance par rapport à la forte émotion qui suivra, et de fonder d’emblée toute chose sur la confiance en sa parole ?

 

2ème élément : Jésus part en Judée rejoindre la famille. Il apprend à son arrivée le décès de Lazare. Marthe vient à sa rencontre et Jésus lui parle de la résurrection, en lui faisant découvrir que cette espérance a un rapport avec sa personne à lui : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Crois-tu cela ? »

C’est la puissance de vie de Jésus qui est la chose la plus importante à considérer, ce qu’il démontrera effectivement par la suite, à travers le miracle de la résurrection de Lazare.

Jésus renvoie à sa personne, à sa puissance : il demande à Marthe d’avoir foi en lui.

3ème étape : nous voyons alors Jésus s’émouvoir fortement.

Cette émotion, nous l’attendions, d’une certaine manière… Comment le Fils de Dieu fait homme ne s’émouvrait-il pas, comme les autres personnes autour ? Comment n’éprouverait-il pas dans son cœur, dans sa chair, cette formidable douleur du deuil ?

Or, nous le voyons bien, Jésus ne refuse pas l’émotion : au contraire. Il est touché « dans ses entrailles » par la douleur qui l’entoure. Il la vit dans son humanité, il est bouleversé, il pleure.

S’il a été question de foi en la résurrection, il est donc aussi question d’émotion, avec des mots très forts, très violents. Jésus a souffert de la mort de Lazare, comme nous souffrons de la mort de nos proches. Il a connu cette douleur singulière et violente.

4ème et dernière partie : toujours « pris par l’émotion », Jésus arrive au tombeau. Et c’est là que le miracle a lieu : il redonne la vie terrestre à Lazare, mort depuis déjà 4 jours.

Un miracle extraordinaire, unique, incroyable.

Précédé de ces mêmes paroles de Jésus qui appellent à la foi en lui et en la puissance de Dieu : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »

Nous voyons aussi Jésus prier le Père, levant les yeux au ciel : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé ».

La prière est l’autre attitude humaine face à la mort, que Jésus nous apprend dans ce récit.

 

2ème partie

A travers ces 4 étapes du récit, où nous découvrons l’attitude de Jésus face à la mort, nous avons donc reçu de lui 4 enseignements :

  • L’absence de Jésus, au départ, son « indifférence », l’attente de sa venue, ne sont que des apparences. S’il semble tarder, il n’est pas loin, il va agir. Jésus nous invite donc ici à la patience, à la confiance : il va agir !
  • 2° Jésus demande aussi notre foi, une foi indéfectible en sa personne et en sa puissance de vie, capable de donner vie au-delà même de la mort: « celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra »
  • Jésus, submergé par la douleur et l’émotion, nous montre aussi que la foi n’est pas incompatible avec les émotions : elles ont une place dans le deuil ; mais elles ne sont pas le tout de la réponse de Jésus. Ces émotions sont accompagnées de la parole. Nous pouvons toujours nous appuyer sur les paroles de l’Evangile, quelle que soit la force de ce que nous éprouvons.
  • 4° Enfin, nous avons vu Jésus prier. La prière au Père est l’ultime réponse humaine au drame de la mort. Cette prière accompagne Jésus jusqu’à sa propre mort, sur la Croix. Il n’a jamais cessé de s’adresser au Père.

Père Edouard George

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