Homélie du 4ème dimanche de Carême le 26/03 à 11h à St Gratien

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Lorsque j’étais petit, il m’arrivait parfois de m’imaginer ce que serait ma vie si je devenais aveugle : comment je « verrais » les choses, etc.

En repensant à cette imagination enfantine à la lumière de l’Evangile de ce jour, je me dis à présent : en réalité, il n’y a pas besoin d’imaginer ce que serait une vie d’aveugle… Car tous, nous sommes aveugles ! Nous sommes aveugles, comme les Pharisiens, qui croient voir, et qui ne savent pas qu’ils sont aveugles !

Les aveugles ne sont pas ceux que l’on croit… Bien souvent, nous n’y voyons pas très clair, dans notre vie, ne trouvez-vous pas ?

Comprenons-nous toujours clairement le sens des choses, ce qui est vrai et bon ? Voyons-nous toujours distinctement ce que nous devons faire ?

« Dieu ne regarde pas comme les hommes », dit le Livre de Samuel : nous ne voyons que « l’apparence », nous ne parvenons pas à voir le « cœur » !

Avouons également notre difficulté à déchiffrer et reconnaître avec évidence la volonté de Dieu sur nous : « ce qui est capable de plaire au Seigneur » (Lettre aux Ephésiens)…

Alors, comment parvenir à cette « vision » ?

= par la foi !!! « Le Christ t’illuminera ! » dit Saint Paul. « Je suis la lumière du monde » dit Jésus dans l’Evangile.

Ainsi, la guérison de l’aveugle de naissance, dans l’Evangile, est davantage qu’un miracle ophtalmologique : non seulement l’aveugle est guéri de sa cécité physique (ce qui n’a pas beaucoup de rapport avec notre vie à nous), mais il est également guéri de sa cécité intérieure. C’est le deuxième miracle, moins apparent, de l’Evangile. Et il nous concerne davantage !

En effet, une fois guéri de sa cécité, l’homme découvre peu à peu l’identité de Jésus : les yeux de son cœur sont progressivement illuminés par la lumière du Christ.

Au début, quand on l’interroge sur sa guérison, il parle de « l’homme qu’on appelle Jésus ». Puis il déclare, dans un 2ème temps : « c’est un prophète ». Enfin, devant Jésus lui-même, au terme du processus d’illumination, il professe sa foi : « Je crois, Seigneur », après que Jésus lui a dit : « Tu le vois, devant toi, celui qui est le Fils de l’Homme (le Sauveur) ». « Tu le vois » : non pas avec les yeux de ton corps, nouvellement guéris, mais avec ceux de ton âme, que j’ai illuminés par la lumière de la foi !

Nous sommes nous aussi des aveugles. Nous ne voyons pas bien les choses importantes, les choses de Dieu. Nous ne savons pas voir ce qui plaît au Seigneur. C’est la foi qui nous donne de voir plus clairement.

Celui qui prétend voir est un aveugle. Celui qui accueille humblement, progressivement, la lumière de Jésus, voit !

« Seigneur, viens éclairer nos ténèbres ! Donne-nous de voir toutes choses à la lumière de la foi ! »                                

P. Edouard George

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