Homélie du 1er dimanche de Carême le 5 mars à 11h à St Gratien

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Qui n’a jamais été tenté de faire le mal ? La liste de toutes les tentations que nous pouvons subir et dans lesquelles nous tombons parfois est longue ! Jalousie, colère, querelle, orgueil, envie, égoïsme, … Même le Christ a affronté les tentations. « Jésus fut conduit au désert… » et là, « il fut tenté par le diable. » Le Christ nous montre que tout homme est tenté. Mais il nous montre aussi comment résister aux tentations et comment les vaincre.

Comment résister aux tentations ? Trois pistes nous sont offertes par l’évangile.

Première piste : pour résister aux tentations, il faut les chasser tout de suite. Dans l’évangile, Jésus répond tout de suite au démon. Il ne permet pas que la tentation habite en lui, prenne racine en lui. Il la chasse. Or, nous, que faisons-nous ? Bien souvent, quand une tentation arrive dans notre vie : nous nous disons en nous-mêmes : « Tiens ! Pourquoi pas ? Et si je faisais ce que me propose la tentation, juste une fois… Et puis les autres autour de moi, ils font la même chose, et parfois, ils font pire, alors pourquoi pas moi ? » Et voilà que la tentation prend racine en nous, et nous commettons le mal une fois, puis une deuxième fois, et ensuite de nombreuses fois. Il y a un proverbe bambara qui dit : « la maladie entre plus vite qu’elle ne sort » « Bana don ka di a bo ye. »

Les mauvaises habitudes sont faciles à prendre, plus difficiles à extirper. Une fois qu’on a accueilli une mauvaise habitude dans sa vie, il est difficile de s’en défaire. Voilà pourquoi Jésus nous apprend que la meilleure façon de se débarrasser d’une tentation, c’est de la chasser dès qu’elle se présente. Comme Jésus, nous pouvons dire à la tentation qui se présente à nous : « Retire-toi Satan ! » (Mt 4, 10). Ou encore comme dans les exorcismes que Jésus réalise : « Sors de ma vie ! »

Deuxième piste : c’est la force de la Parole de Dieu. Vous avez remarqué comment Jésus rejette le malin en citant sans cesse la Parole de Dieu. Elle est comme un bouclier qui lui permet de repousser les assauts du malin, comme le terreau dans lequel il peut grandir librement.

Il serait bon que dans nos vies, comme Jésus lui-même, nous prenions le temps d’accueillir cette parole, pour qu’elle nous transforme intérieurement, pour qu’elle soit le terreau sur lequel construire nos vies. Les chrétiens orientaux ont l’habitude de répéter tout au long de leurs journées, au début, à la fin de chacune de leurs activités une Parole de Dieu qui les aide à grandir dans la foi et la charité. Nous avons tous quelques versets de la Parole de Dieu, qui sont pour nous comme un trésor qui nous fait vivre. Pourquoi ne pas se répéter intérieurement ces versets en nous pour qu’il s’enracine fortement dans nos vies et transforment nos actions, nos paroles et chacun de nos gestes. Et qu’ils maintiennent en nous le désir de demeurer toujours avec le Seigneur.

Troisième piste : c’est la présence de l’Esprit saint. Jésus est poussé par l’Esprit, « Jésus poussé par l’Esprit saint », et de plus cet évangile se déroule juste après le baptême de Jésus dans le Jourdain, où Jésus y est rempli de l’Esprit Saint. Vous vous souvenez aussi que le jour de son baptême, en accueillant l’Esprit, Jésus a entendu une voix qui venait du ciel et qui disait : « Tu es mon fils, mon bien-aimé, celui en qui j’ai mis tout mon amour. » (Mt 3, 17). La meilleure façon de lutter contre la tentation, c’est en effet de se rappeler que, comme Jésus, 1) je suis rempli de l’Esprit Saint, et 2) je suis « le fils bien-aimé du Père, en qui le Seigneur a mis tout son amour ».  Il s’agit en fait de vivre toujours en présence du Seigneur.

Je ne suis pas seul, l’Amour du seigneur m’accompagne, son Esprit me conduit. Cet Amour est le rocher sur lequel je veux construire ma vie. Et pour rien au monde, je ne veux perdre cette présence en moi.

Et quand bien même je tombe dans la tentation, nous pouvons alors nous souvenir que nous demeurons toujours les fils bien-aimés du Père. Rappelez-vous la parabole de l’enfant prodigue. Il avait quitté la maison de son Père avec tout l’argent de son Père, et il avait tout dépensé jusqu’à n’avoir plus rien. Il était devenu gardien de porcs et n’avait plus rien à manger. C’est alors qu’il décide de retourner vers son Père. Il se souvient de l’Amour de son Père. Il aimerait que son Père l’accueille au moins comme un de ses serviteurs qui eux sont bien traités et ont de quoi à manger. Et cet enfant alors qu’il approche de la maison découvre combien son Père l’aime. Son Père dès qu’il le voit sur la route au loin, il court vers lui, il l’embrasse, et lui offre un beau repas. Il est tellement heureux de le voir revenir. N’ayons donc pas peur ! Quels que soient nos péchés, notre Père nous attend. Revenons au Seigneur, changeons de vie, il nous attend avec Amour.

Le seigneur Jésus a vaincu les tentations. Les tentations du démon n’ont pas eu de prise sur lui. Jésus est plus fort que le mal, et que l’auteur du mal, le démon. Si je veux vaincre moi aussi les tentations, je dois m’attacher au Christ. Je dois rester uni au Christ, brancher sur lui. Je dois demeurer avec lui, en lui.

Le carême, un chemin pour nous recentrer sur le Christ. Je vous propose d’écouter à nouveau ce que nous dit le prophète Osée (Osée 2, 16-25). C’est une bonne introduction à notre carême, pour bien vivre ces quarante jours. Le Seigneur parle à travers Osée à chacun d’entre nous : « je vais la séduire ; je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur. Tu seras ma fiancée pour toujours, ce seront des fiançailles de justice, de droiture, dans la tendresse et la miséricorde. Je te fiancerai à moi dans la fidélité et tu sauras qui est Yahvé. je dirai à Lo-Ammi : “Tu es mon peuple”, et lui dira : “Tu es mon Dieu”.

Laissons-nous conduire par le Seigneur au désert. Laissons-nous conduire par le Seigneur tout au long de ce carême. Ecoutons sa Parole. Renouvelons notre alliance d’amour avec lui.

Père Alexandre de Bucy

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