Homélie du jour des Cendres à 9h30 à St Gratien

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La cérémonie des CENDRES ouvre le temps du Carême des chrétiens.

Deux paroles accompagnent cette célébration.

La première est celle-ci : « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile».

Il s’agit de retourner nos vies vers le Seigneur et sa sainteté, ensemble, de célébrer notre salut ouvert par sa Pâque. « Revenez à moi, dit le Seigneur, de tout votre cœur, dans le jeûne, le partage et la prière »  Joël 2/12.

Le rite des Cendres contient une exhortation à sortir des œuvres et de la culture de mort, avec la grâce divine. Ouvrons-nous à la vraie Vie de l’Evangile. La cendre est le résultat des incendies. Dans les combats sanglants d’aujourd’hui, on répand le feu sur les récoltes et les habitations pour affamer les populations et en faire des hordes de réfugiés. Nous sommes marqués par la cendre. Veut-on inverser le cours des  choses, comme l’indique le mot de conversion ? Il ne s’agit certes pas de porter sur notre front toute la laideur du monde, mais de se situer, avec le Christ, parmi ceux qui décident à éteindre les haines et à semer la paix.

Voici l’autre parole, celle de la tradition, qui accompagne la remise des Cendres :

« Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière.»  La cendre évoque, par sa légèreté, la poussière et rappelle l’origine de l’humanité selon le livre de la Genèse :

« Yahvé  Dieu fabrique un Adam poussière qui vient du sol. Il souffle dans ses narines et l’adam prend vie » Genèse 2/7. (Ici le mot adam, sans majuscule, est traduit en nom commun de toute l’humanité).

Par la suite Abraham disait au Seigneur :

« Souviens-toi, que je ne suis que poussière et cendre » Genèse 18/27.

Donc la phrase liturgique nous replace en humilité de gens fragiles et pécheurs et mortels devant la miséricorde de Dieu vivant trois fois saint, à la façon du Psaume 38 : « Je risque cette demande : Seigneur : Fais-moi connaître ma fin et la mesure de mes jours. Car je comprends combien je suis éphémère. Moi, un rien du tout, je T’espère. Oui ! Mon souhait : c’est Toi ». Ps.38 passim aux versets 5 à 8. 

J’ai trouvé dans une encyclopédie un trait culturel qui, bien qu’étranger au tout judéo-christianisme, pourrait nous faire apercevoir le Mystère pascal dans la matérialité des cendres. Les amérindiens, paraît il, mélangeaient la cendre à la terre pour éloigner les esprits maléfiques de leurs cultures. N’était-ce qu’un rite religieux magique, ou l’expérience ancestral d’un ingrédient naturel servant d’engrais ou de protection contre la vermine ?  C’est-à-dire : un produit de la mort qui sert à la vie.

Souviens-toi de Jésus Christ ! » St Paul apôtre poursuit : « Si nous mourons avec Lui, avec Lui nous règnerons ». 2 Timothée 2/8 à 14

Père Jean Poussin

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