fr_1_1271

Dans son dernier livre «  la force du silence » le cardinal Robert Sarah rappelle que, si l’Homme aime voyager, créer, faire de grandes découvertes, il reste effrayé par le silence et se tient alors en dehors de lui-même, loin de Dieu qui est silencieusement dans son âme …. Il explique combien il agit au plus profond de notre cœur,  mais sans bruit, à l’image de cette brise légère où le prophète Élie reconnaît sa présence mystérieuse. Il en souligne l’importance et rappelle qu’il doit être cultivé pour entrer dans une étroite relation avec Dieu.

Dans « Mon âme a soif de toi », Conrad de Meester (Carme) précise que l’Homme moderne est amputé de son moi le plus intime. Il vit sans dessus dessous. Il est débordé, surmené, stressé il court à droite et à gauche. Souvent, la détente consiste alors à s’étourdir de bruits, de paroles – il s’éloigne alors encore plus du centre de son être où l’attend  mystérieusement celui qui nous aime… Or, l’apprentissage de la prière coïncide en grande partie avec celui du silence. Tous deux sont comme deux vases communicants.

« Une oreille attentive, voilà ce que désire le sage » (Siracide 3, 29) ! Le jardin intérieur n’est-il pas celui où, solitaire, la parole de Dieu se cultive pour mieux nous atteindre, nous interroger et nous conseiller ? Cette grâce acquise dans le calme intérieur peut alors porter des fruits destinés aux autres. Toutefois, au premier abord, silence et tranquillité nous troublent car ils nous font prendre conscience de notre égoïsme ; nous nous rendons compte à quel point nous vivons pour nous-mêmes ; combien nous oublions Dieu ! Or, cette apparente solitude voulue, nous ouvre les yeux sur la nécessité d’une conversion et, si nous ne la craignons plus, elle devient alors une source d’eau vive.  La seconde partie de la prédication de Jésus nous revient à l’esprit « convertissez-vous et croyez à l’Evangile » (Mc 1, 15). Nous pouvons écouter Jésus qui nous murmure : « Voici, je fais toutes choses nouvelles » (Apocalypse 21, 5). C’est  alors que notre désert intérieur « exulte et fleurit comme la rose » (Isaïe 35,1).

En cette première semaine de l’Avent, faisons l’effort de prendre, au cours de nos journées surchargées, des moments de silence pour accueillir et méditer ce que Dieu nous murmure au plus intime de notre être.

G.G.

 

 

 

X