IMG_8134

Coq sur le clocher de l’église de Saint Gratien

En écoutant le récit de la passion, nous pourrions nous demander : « Serait-ce en mémoire du triple reniement de Pierre qu’un coq surmonte nos clochers ? » Assurément non. Réfléchissons plutôt à la place qu’il tenait dans les civilisations anciennes et chez les premiers Chrétiens. Le coq représentait la venue de la lumière son chant retentissant à l’aube. Il symbolisait aussi le courage, la fierté, et la vigilance.

Chez les grecs et les romains, le coq blanc fut consacré à Zeus –Jupiter. On pouvait le voir dans les bas reliefs, aux pieds ou dans la main du dieu. C’était également l’oiseau d’Esculape, le dieu de la médecine. Sur le blason de la faculté de médecine de Lyon figurent un serpent (la maladie et la mort) et un coq (la guérison qui conserve la vie).

Les premiers Chrétiens en firent, eux aussi, le symbole de la lumière. Quant aux potiers grecs et romains, ils l’ont représenté sur des lampes de terre ou de bronze. Sur l’une, il est accompagné d’une croix ; sur une autre, il dirige une barque vers le port et sur une troisième, il porte une palme de triomphateur. Il devient donc l’emblème du Christ, chef de l’Eglise qui défend ses fidèles et guide la barque. Surmonté d’une palme, c’est le Christ victorieux de la mort. N’est-ce pas à l’aube que se produisit le miracle de la résurrection. (Le premier jour de la semaine, à la pointe de l’aurore, les femmes se rendirent au tombeau … Lc 24, 1). C’est sans doute l’explication des coqs gravés sur les plus anciennes sépultures Chrétiennes. Par eux, s’exprimaient l’espérance et la foi des fidèles dans la résurrection future. S’il est perché sur les clochers, c’est probablement parce que, sur les vieilles estampes représentant les instruments de la passion, figure un coq perché sur une colonne. Il devient alors, parmi ces instruments de douleur, l’emblème de la résurrection proche.

1024px-Saint-Véran_-_Croix_de_mission_-_Détail_-691

Saint Véran – Croix de mission

Dès les premiers siècles du Christianisme, le poète Prudence (348,+entre 405-410) écrivit : « L’oiseau vigilant nous réveille ; et ses chants redoublés semblent chasser la nuit ; Jésus se fait entendre à l’âme qui sommeille, et l’appelle à la vie où son jour nous conduit ».. Quant à St Hilaire de Poitiers (vers 315,+367, il donna le coq en modèle aux prédicateurs dans une hymne :« le coq qui chante et bat des ailes, ressent l’approche du jour. Nous aussi, avant la lumière, annonçons au monde le Christ. »

Alors, pendant cette semaine Sainte, prions pour que nous proclamions au monde, par nos visages attentifs et emprunts de joie, que le Christ est ressuscité, qu’il est vraiment ressuscité !

X