IMG_3397~01

Le Père Christian Mellon, Jésuite, membre du Ceras (Centre de Recherches et d’Actions sociales) nous a fait part de sa réflexion concernant l’appel spirituel, pastoral et social contenu dans Evangelii Gaudium (La joie de L’Evangile).

Il nous a tout d’abord rappelé que cette exhortation apostolique post-synodale n’est pas réellement un document social mais qu’elle reprend les grands principes de la D.S.E. : dignité de la personne, solidarité, subsidiarité, destination universelle des biens … Elle est dans la continuité des écrits des prédécesseurs du Pape François, notamment Paul VI, qui réaffirma l’importance de l’évangile pour l’édification d’une société de liberté et de justice animée par l’amour, et Benoît XVI pour qui la doctrine sociale de l’Eglise est une annonce de l’amour du Christ dans la société et dans la vérité.

Le texte du Pape François renvoie souvent à des documents émanant de conférences épiscopales car se sont elles qui analysent la situation de chaque pays.

Il est convaincu que, dans le Christ, Dieu ne rachète, pas seulement l’individu mais aussi les relations sociales entre les hommes. Dans la rencontre avec le pauvre c’est un visage de Dieu qui se révèle et l’amour pour toutes les pauvretés est au cœur même de l’Evangile. Il le dit et le redit : « mieux vaut une Eglise qui s’engage, au risque de prendre des coups, voire de se tromper, qu’une Eglise « malade » par manque de vigueur et de courage ». Il insiste également pour que le message évangélique soit transmis à toutes les cultures, à toutes les communautés. Il demande de respecter la « piété populaire » véritable expression de la foi d’un peuple. Il invite également à une réflexion sur les défis des cultures urbaines nous incitant à ne pas avoir peur du caractère multiculturel de la ville d’aujourd’hui. Pour le Pape, écouter les pauvres c’est se faire semblable à Dieu qui a écouté le cri du peuple opprimé en Egypte. La charité, ne passe pas uniquement par un engagement associatif et humanitaire mais aussi par une dimension institutionnelle. Il incite donc tous ceux qui en ont le charisme à s’engager, en tant que Chrétiens en politique, l’enjeu étant de lutter contre la mondialisation de l’indifférence.

La conférence a été suivie d’un échange, chacun pouvant librement interroger le Père Mellon.

 

Antoinette Travers et Georgette Gaudin

X